Vivonne

Vivonne de Jérôme Leroy aux Éditions de La Table ronde

[…] Aux dernière nouvelles, le Calvados n’était pas encore touché par les inondations, les pluies diluviennes et les typhons cataclysmiques ravageant méthodiquement, en ce mois de novembre, les Hauts-de-France, la Picardie et maintenant Paris.

On parlait de plus de cent morts et s’il en jugeait par le spectacle qui se déroulait sous ses yeux, la tempête tropicale qui s’était déclenchée depuis deux heures allait faire un sacré nombre de victimes dans Paris.

Depuis son bureau parisien, rue de l’Odéon, l’éditeur Alexandre Garnier assiste à un spectacle hallucinant. Un typhon s’est abattu sur la région, détruisant tout sur son passage, en laissant dans son sillage de nombreux morts et des milliers de blessés.

Une rivière de boue a envahi les rues de Paris et les rats surgissent des égouts. La fin du monde semble proche pour Alexandre qui voit resurgir avec nostalgie les souvenirs de son passé où la vie était bien plus clémente.

Inquiet de voir son monde disparaître, il repense justement à Adrien Vivonne, un écrivain, poète dont il a publié les livres et qui s’est évaporé mystérieusement en 2008.

“ Où était Adrien Vivonne, dans cette guerre absurde de tous contre tous ? Était-il encore en vie ? Y avait-il encore un jardin clos pour lui, dans une petite maison couverte de vigne vierge, dans un quartier calme d’une sous-préfecture aux toits de lauze ou aux murs de tuffeau ? Une chaise longue avec une pile de vieux livres de poche dans l’herbe ou une table de ferme sur laquelle il écrivait dans une cuisine aux tommettes fraîches, aux cuivres rutilants dans la pénombre traversée par des rais de soleil qui font voler une poussière lumineuse à travers les persiennes ? ”

Il pouvait être caché n’importe où, sur le plateau des Millevaches ou pourquoi pas dans les Cyclades.

Qui pourrait lui en vouloir ? Le monde s’écroule, les ouragans s’enchaînent, suivis de sécheresse, de canicule et politiquement ce n’est pas mieux, les Dingues sont au pouvoir, et la multiplication des cybersabotages risquent bien de provoquer une Grande Panne.

Il est urgent de retrouver Vivonne, car sous ses airs de poète fantasque, il semble avoir trouvé un passage secret vers un monde apaisé.

Mais n’est-ce pas “ un peu tard dans la saison ” pour retrouver Vivonne ? Devra-t’il Nager vers la Norvège, jusqu’au Cimetière des plaisirs pour vivre enfin Les jours d’après ?

« On ne savait pas depuis quand mais, c’était sûr, ils étaient là. Ils débarquaient dans les îles, et ils ne choisissaient pas n’importe lesquelles. Seulement celles qui possédaient dans leurs temples ou leurs bibliothèques des reliques et des livres du Poète. Ils massacraient les Amis qui tentaient de résister. Ils détruisaient les maisons et les bateaux. Ils rétablissaient le culte de l’Ancien Dieu.

Et surtout, les Autres brûlaient les livres du Poète. Les livres d’Adrien. ”

Ce que j’en dis :

Sentant venir la fin du monde, notre éditeur perclus de culpabilité, semble vouloir passer à confesse. Rongé par la jalousie face au talent de son ami poète, il s’est éloigné de lui et maintenant qu’il est en galère il le regrette.

Sachant que Jérôme Leroy possède plusieurs cordes à son arc, notamment celle de poète, je me demande si avec cette fiction qui n’est parfois pas si loin de la réalité, il n’a pas quelques comptes à régler avec l’humanité ?

“ Seuls les idiots croient que la réalité apprend plus de choses que les romans. Les romans sont les Guides du Routard de l’existence. En mieux écrits et avec des personnages qui nous ressemblent, même s’ils ne nous plaisent pas, surtout s’ils ne nous plaisent pas. ”

Mine de rien, tout en nous divertissant, on sent bien qu’il est inquiet sur le devenir de notre planète que ce soit du côté climatique que politique, mais aussi sur le monde de l’édition où la poésie a du mal à se faire une place au Paradis, du à certains éditeurs frileux et aux manques de lecteurs. Pourtant ne dit-on pas : les mots guérissent les maux. Alors si l’on en croit cette histoire, la poésie de Vivonne possède des chemins de traverse qui mènent vers un lieu préservé que seul les lecteurs trouveront. Elle me plaît énormément cette idée.

Ce roman atypique réunit à lui seul tous les styles de l’auteur, tantôt poète, tantôt romancier, pour les lecteurs de 7 à 77 ans voir plus, il joue avec les mots avec élégance et on ne s’en lasse pas. Si Vivonne détient un secret, il est clair que Jérôme Leroy nous passe de nombreux messages à travers ces réflexions pertinentes sur notre monde, et les conséquences que peuvent entraîner un tel chaos climatique et social.

En ces temps difficile, il est bien agréable de s’échapper dans un bon roman, et puis qui sait, Vivonne risque de vous surprendre et de vous révéler ses lieux secrets pour vous évaporer avec lui…

Il serait vraiment dommage de passer à côté.

Pour info :

Né à Rouen le 29 août 1964, Jérôme Leroy est un écrivain français auteur de romans, de romans noirs, de romans pour la jeunesse et de poésie.
Il a été professeur de français dans différents collèges du Nord, pendant près de vingt ans.
Après un premier roman, il découvre le néo-polar par l’intermédiaire de Frédéric Fajardie. Jérôme Leroy est l’auteur du livre Le Bloc (Gallimard, 2011) qui met en scène un parti d’extrême droite, nommé le « Bloc Patriotique ». En 2017, il est le co-scénariste du film de Lucas Belvaux, Chez nous, adapté de son ouvrage. Il publie également de la poésie et reçoit le prix de l’Académie française Maïse Ploquin-Caunan 2011 pour Un dernier verre en Atlantide (La Table Ronde, 2010). L’Ange Gardien(Série Noire, 2014) reçoit le Prix des Lecteurs Quais du polar/20 minutes en 2015. Jérôme Leroy est contributeur aux pages livres de Causeur et chroniqueur politique de l’hebdomadaire communiste Liberté Hebdo depuis 2008. En 2017, il reçoit le prix Rive Gauche à Paris pour Un peu tard dans la saison (La Table Ronde). Son avant dernier roman, La petite Gauloise, est paru à la Manufacture de livres en 2018.

Aux éditions Syros, on lui doit une Souris Noire – La princesse et le Viking – deux romans en Rat Noir : La grande môme (2017) et Norlande (2013) primé à de nombreuses reprises, un hors collection, Macha ou l’évasion (2016) et un Mini Soon + Les filles de la pluie (2018).

Je remercie les Éditions de La Table Ronde,pour ce voyage littéraire plein de surprises.

Nos corps étrangers

Nos corps étrangers de Carine Joaquim aux éditions de La Manufacture de livres

[…] l’impression de se trouver loin de Paris. C’était ce qu’Elisabeth aimait par-dessus tout : une fois poussée la porte vitrée, elle basculait dans un monde préservé, le monde de l’intime, protégé de l’environnement extérieur.

Élisabeth et Stéphane l’aimaient pourtant cet appartement Parisien où leur fille Maëva avait fait ses premiers pas, mais pour oublier ce corps étranger qui s’était immiscé dans leur couple, il était nécessaire de le quitter pour tenter de recoller les morceaux en prenant un nouveau départ dans cette grande maison à la campagne que Stéphane avait trouvé.

Prendre de la distance et pourquoi pas réaliser enfin certains rêves et tenter de réconcilier leurs corps devenus étrangers l’un à l’autre.

Elle avait doucement essuyé une larme, sans vraiment savoir ce qui, entre la douceur du souvenir et le déchirement du départ, l’avait fait couler. ”

Mais il n’est jamais simple de tourner la page, d’oublier la trahison, les mensonges, et l’adaptation à ce nouvel endroit est loin d’être aisée. De nouveaux corps étrangers s’invitent dans leur nouvelle vie, et risquent de perturber à nouveau le bonheur de leur famille.

Malgré les apparences, Élisabeth n’était pas là. Du haut de son donjon, elle voyait grand, elle voyait loin, devant elle s’étalait tout le champ des possibles, se dessinaient tous les rêves qui n’avaient pas encore pris forme et, elle le savait, cet horizon onirique lui serait accessible, si seulement elle faisait les quelques pas nécessaires pour s’éloigner de sa tour. ”

Et pourtant, c’est peut-être auprès de ces corps étrangers qu’il leur sera possible de retrouver enfin une raison de vivre…

Ce que j’en dis :

En apportant ce projet à Pierre Fourniaud, François Guérif, l’ancien directeur des éditions Rivages a eu du flair et on ne peut que le remercier au passage. Et personnellement ça me plaît ces transmissions entre passionnés qui permettent à de jeunes écrivains méritants de voir enfin leurs manuscrits sortir de l’ombre, et il aurait été bien dommage de ne pas découvrir celui-ci.

Dès les premières pages on tombe sous le charme de la magnifique plume de Carine Joaquim qui nous plonge dans l’intimité d’un couple désuni.

À travers les trois personnages qui composent cette famille, nous suivrons la tentative de reconstruction du couple, cherchant parfois un échappatoire auprès de corps étrangers. Que ce soit pour le couple ou pour Maëva en pleine crise d’adolescence qui découvre à son tour les prémisses de l’amour, rien ne sera simple.

L’auteur nous confronte à cette vie de couple, avec ses trahisons, ses non-dits, ses rêves, sa force mais aussi ses faiblesses, ses souffrances intimes, ses incompréhensions, ses regrets, tout ce qui rapproche ou au contraire détruit sans espoir de retour en arrière.

Un premier roman à limite du thriller psychologique qui cache bien son jeu, car c’est bien plus qu’une histoire de désamour, c’est une histoire qui rends bien justice à tous ces corps étrangers qui jalonnent ces pages.

Bouleversant, surprenant, porté par une plume pleine de sensibilité, Nos corps étrangers s’avère une très belle découverte, et j’espère qu’à mon tour je vous aurai donné envie de le découvrir.

Pour info :

Née en 1976 à Paris où elle grandit, Carine Joaquim vit aujourd’hui en région parisienne et y enseigne l’histoire-géographie. Si elle écrit depuis toujours, c’est depuis six ans qu’elle s’y consacre avec ardeur.Nos corps étrangers est son premier roman publié.

Je remercie la Manufacture de livres et l’agence Trames pour cette lecture intime qui ne manque pas caractère,

Friday Black

Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah aux Éditions Albin Michel

Collection Terres d’Amérique

Traduit de l’américain par Stéphane Roques

“ Trois vigiles suivirent Emmanuel à la trace dès l’instant où il entra. Chaque fois qu’il ralentissait ou s’arrêtait, les vigiles discutaient entre-eux ou faisaient semblant d’écouter une information importante dans leur talkie-walkie. Normalement quand Emmanuel venait ici, il portait un jean qui n’était ni trop ample ni trop moulant et une jolie chemise. Il arborait un grand sourire et marchait d’un pas très lent, n’observant les articles des magasins jamais plus d’une dizaine de secondes. Le degré de Noirceur d’Emmanuel dans un centre commercial était généralement un paisible 5. D’ordinaire, il n’était suivi que par un seul vigile. ”

Chaque jour aux État-Unis le racisme sévit, Emmanuel en est conscient et adapte en fonction des situations son “ degré de noirceur ” pour y faire face, et ce n’est pas l’acquittement de ce criminel qui avait décapité cinq enfants qui va le rassurer, bien au contraire, mais il a reçu une bonne éducation, alors il fait profil bas, jusqu’à aujourd’hui où il pensait faire ses débuts dans le monde du travail, mais voilà encore une porte qui se ferme. Trop c’est trop alors il rejoint un gang.

Dès la première nouvelle, le ton est donné et le degré de noirceur ne fera qu’augmenter

À travers ces nouvelles, l’auteur revisite à sa manière le quotidien des américains face à certains faits ou confrontés à certaines situations surtout lorsque la couleur de peau entre en jeu.

Pour un black vivre aux États-Unis peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant, faisant une cible de premier choix et un coupable idéal.

Avec une bonne dose d’humour, pimentée de noirceur machiavélique Nana Kwame Adjei-Brenyah dénonce certains travers du peuple américain en particulier dans Black friday où l’on assiste à la frénésie des achats, à une surconsommation phénoménale où pour l’occasion on réserve un rayon spécial cadavre.

“ Environ quatre-vingts personnes franchissent la grille, au pas de charge et toutes griffes dehors. Poussant les portants et les corps. Avez-vous déjà vu des gens fuir un incendie ou une fusillade ? Cela ressemble à ça, la peur en moins et l’avidité en plus. Depuis ma cabane, je vois un enfant, une petite fille d’environ six ans, disparaître engloutie par la vague de consommateurs enfiévrés. […] Lance court vers le petit corps. Il tire le transpalette et tient dans l’autre main un énorme balai. Il pousse la brosse contre le flanc de la petite fille pour tenter de le faire glisser sur le transpalette, qu’il fera ensuite rouler jusqu’au rayon réservé aux cadavres. ”

Et lorsque vous découvrirez Zimmer Land, un parc d’attraction où l’on met en scène des tueries de masse, des meurtres, des attentas où le coupable blanc, évidemment s’en sort encore plus blanc que la neige, vous hallucinerez.

Tout comme lorsqu’il parle de l’avortement, c’est du jamais lu. Et c’est comme ça pour les douze nouvelles.

En lisant ce recueil, j’ai pensé aux nouvelles de Ray Bradbury réunis dans “ Le pays d’octobre ” toutes aussi pertinentes, machiavéliques, habillées de noirceur avec ce côté ironique qui adoucit la brutalité de certaines histoires.

Nana Kwame Adjei-Brenyah a l’imagination cruelle il nous offre un recueil de nouvelles surprenant, inventif, démoniaque, drôle, osé, une vraie bombe littéraire qui risque de bousculer plus d’un lecteur.

Une nouvelle plume américaine qui fait son entrée de manière remarquable, qui laisse parfois sans voix tellement ces nouvelles sont incroyables et tellement réalistes même lorsqu’il nous projette dans le futur.

De sa plume, il flingue l’Amérique avec style et j’espère que son encre noire à l’humour subversif donnera vie à un roman tout aussi puissant.

C’est vivement recommandé par Dealerdelignes toujours friande des belles plumes américaines qui ont de l’allure.

Pour info :

Nana Kwame Adjei-Brenyah est né en 1991 à New-York.

Il a été distingué en 2018 comme l’un des cinq meilleurs américains de moins de 35 ans par la National Book Foundation.

Son premier livre, le recueil de nouvelles Friday Black (2018), a été récompensé par le PEN / Jean Stein Book Award 2019.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour ces nouvelles extraordinaires, absolument inoubliables.

Belladone

Belladone d’Hervé Bougel aux Éditions Buchet.Chastel

“ La maison n’est pas belle, la maison n’est pas propre, la maison n’est pas rangée. La serrure est cassée. Mon père l’a brisée une nuit, de trois coups de pied. Ma mère ne voulait pas le laisser entrer : Fous- moi le camp, tu es encore bourré! On bloque la porte d’un bout de carton replié, ça tient. Qui voudrait nous voler ?

C’est ici que nous vivons. C’est comme ça. ”

À la fin des années 60, l’été pointe son nez dans une petite ville maussade des Alpes. La montagne surplombe le bourg, et une statue géante de la Vierge veille sur la vallée.

C’est ici que vit un jeune garçon avec sa famille.

Du haut de ses dix ans, il observe et nous livre sa vie tourmentée d’enfant malmené.

Auprès de sa famille brisée par l’alcoolisme du père suicidaire, la violence du frère, le désespoir de sa sœur et d’une mère mal-aimante, cet enfant s’efforce de grandir, rongé par les secrets, silencieux retenant ses paroles qu’il faut taire à tout prix.

“ Nous ne savons pas ce qu’est apprendre la vie, comme le rabâche notre père, mais nous avons retenu cette leçon. Nous nous taisons. Nous nous taisons pour tout ; même entre nous, nous nous taisons.

Comment s’échapper de cette vie avec de si lourds bagages ?

La peur, à tout instant, la peur même au sommet de la joie, quand elle survient. La peur incessante, celle qui poigne le cœur. La peur qui enserre, la peur qui réduit , la peur qui diminue la vie. La peur qui harcèle. La peur qui tord le ventre et monte à la tête. ”

Par où s’enfuir ?

Ce que j’en dis :

Hervé Bougel nous offre un roman noir d’une grande sensibilité, écrit au cordeau, qui nous transporte en l’espace de quelques jours au milieu de cette vie tellement sombre que même le soleil brûlant de cet été caniculaire a bien du mal à trouver sa place.

Difficile de croire en l’avenir en grandissant dans un climat familial si torturé, et pourtant encore aujourd’hui de nombreux enfants connaissent une enfance similaire.

Impossible de ne pas être touché par ce court roman, cette écriture poétique, cette histoire dramatique qui nous donne envie de prendre cet enfant par la main pour l’emmener là où la joie illuminera enfin sa vie.

Un roman bouleversant qui vous mettra le cœur en miette.

Une belle découverte de cette rentrée littéraire 2021.

Pour info :

Hervé Bougel est né en 1958. A 16 ans, il quitte l’école et exerce différentes professions, jusqu’à devenir, en 1997, éditeur de poésie. Il vit aujourd’hui à Bordeaux.

Je remercie les Éditions Buchet . Chastel

Manger Bambi

Manger Bambi de Caroline De Mulder aux Éditions Gallimard / La Noire

“ Les miroirs de l’ascenseur les montrent en pied, le maquillage à peine entamé, intactes quasiment, et d’humeur joyeuse. La ravissante, c’est Hilda, Bambi pour son créa. Bambi à cause de ses yeux doux et de sa charpente légère, tout en pattes. Elle est en slim et top serré sur un torse sec, et gueule d’enfant grimée. La blonde, c’est Leïla, qui a les cheveux noirs et perd dix centimètres en arrachant sa perruque comme si c’était le scalp de l’ennemi. […] ”

Qu’est-ce qui peut bien pousser une jeune fille qui n’a même pas encore fêté ses seize ans, à rencontrer des papas gâteaux dans des chambres d’hôtel ? Est-elle pleine de vices, cherche t’elle juste à se sortir de la misère ou a-t-elle des comptes à régler avec la gente masculine ? Toujours est-il qu’avec ses copines, elles jouent avec le feu tout en s’en mettant plein les poches aux passages en dépouillant ces vieux vice lards pêchés sur le net.

[…] À part ça, la life me bousille, ouais, la vie est une pute et on a même pas la thunes pour l’acheter. »

Sous ses grands yeux qui laissent parfois couler quelques larmes si c’est nécessaire se cache une violence extrême qu’elle laisse échapper lorsqu’on lui refuse ce qu’elle veut.

« C’est pas de notre faute. On est des proies faciles et tout le monde en abuse. »

De retour à la maison il faut supporter “ Nounours ” le nouveau mec de sa mère. Sous prétexte qu’il allonge les biftons et permet à sa mère de s’alcooliser jusqu’à plus soif il faudrait être très gentille avec lui, vraiment très gentille.

Mais même pour faire plaisir à sa mère Bambi n’est pas prête à s’offrir sur un plateau.

Chaque jour tout peut basculer et l’empêcher de parvenir à fêter son seizième anniversaire.

Il est temps de balancer ce porc loin de sa vie…

Ce que j’en dis :

Ne vous fiez pas au titre, vous êtes bien loin d’un conte de fée, ici Bambi n’a rien d’une petite fille protégée par sa mère des vilains prédateurs, bien au contraire.

Caroline De Mulder nous offre une histoire démoniaque où la violence des jeunes filles fait froid dans le dos, étant généralement promulguée par des hommes.

Dans un style très évocateur, assez trash, utilisant même l’argot de la jeunesse qu’il n’est pas toujours simple à comprendre mais qui colle parfaitement à la sauvagerie de ces gamines, ce roman noir nous plonge dans la vie de Bambi devenue elle même une prédatrice pour tenter d’effacer sa souffrance. Auprès d’une mère défaillante, un père absent, son univers est parti en live et sa survie ne tient plus qu’à un fil, un dérapage est si vite arrivé…

La série noire peut s’enorgueillir de toujours nous offrir de magnifiques plumes, où la noirceur rayonne dans toute sa splendeur.

Manger Bambi ne fait pas exception, bien au contraire, n’hésitez pas à le dévorer.

Pour info :

Caroline de Mulder, née à Gand en 1976, est un écrivain belge de langue française. Elle réside à la fois à Paris et à Namur où elle est chargée de plusieurs cours de littérature aux Facultés Notre- Dame de la Paix.

Élevée en Néerlandais par ses parents, elle alterne ensuite des études en français et en néerlandais, primaires à Mouscron, secondaire à Courtrai, philologie romane à Namur, puis à Gand et enfin à Paris.

L’auteur qui aime dire avoir deux langues maternelles, a donc appris à écrire en néerlandais et à lire en français.

En 2010 , son premier roman « Ego Tango » (consacré au milieu du tango parisien, milieu qu’elle a elle même fréquenté assidûment), lui vaut d’être sélectionnée avec 4 autres écrivains pour la finale du prix Rossel. Elle est la cadette de la sélection et remporte le prix.

Elle publie en 2012 un premier essai : « Libido sciendi : Le Savant, le Désir, la Femme », aux éditions du Seuil. La même année, elle publie également un second roman (« Nous les bêtes traquées », aux éditions Champ Vallon) lors de la rentrée littéraire.

Chez Actes Sud, elle punlie, en 2014, « Bye Bye Elvis » et, en 2017, « Calcaires ».

Je remercie les Éditions Gallimard pour cette virée habillée de noirceur.

Se cacher pour l’hiver

Se cacher pour l’hiver de Sarah St Vincent aux Éditions Delcourt

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Eric Moreau

Se cacher pour l’hiver, qui n’en rêverait pas en ce moment pour de multiples raisons, même isolé au bout du monde.

Kahtleen vit depuis quelques temps déjà dans ce coin perdu de Pennsylvanie, au cœur d’un parc naturel, sur le sentier des Appalaches.

Les beaux endroits c’est comme partout ailleurs. On y souffre quand même. ”

Elle s’occupe du snack où s’arrêtent parfois les gens des randonneurs.

Elle n’est donc pas surprise quand elle voit apparaître cet étranger dans le paysage, en dehors de son drôle d’accent et de son allure peu adaptée à la randonnée.

Le croyant de passage, elle commence à s’interroger au bout de quelques jours, ne le voyant pas reprendre la route.

Apparemment cet homme semble se cacher.

Vivant reclus depuis un moment avec sa part de traumatisme à surmonter, elle est d’autant plus amène à le comprendre. Sortant chacun de leur réserve, une amitié prends forme et jour après jour chacun se délivre.

Mais dans le silence apaisant de l’hiver le danger se rapproche…

Je comprenais la peur panique, surtout la peur ancrée dans le passé et donc beaucoup plus coriace.

Ce que je comprenais plus que tout, c’était le désir de se couper du monde.

“ J’ai pourtant fini par perdre patience. Quoi que cet homme très étrange soit venu faire ici, croyait-il vraiment qu’il pourrait resté caché à tout jamais dans un trou perdu au fin fond de la Pennsylvanie ? Ce n’était pas réaliste. Il était plus intelligent que ça – et moi aussi ”

Ce que j’en dis :

Certains livres ont le pouvoir de vous embarquer dès les premières pages vers une aventure hors du commun et donne une folle envie de Se cacher pour l’hiver, pour les savourer.

Se cacher pour l’hiver comme Kathleen et Daniil nos deux personnages qui hantent les pages de cette histoire.

Se dévoilant peu à peu l’un à l’autre, nos deux écorchés, blessés physiquement et psychologiquement tentent de s’apprivoiser nous livrant peu à peu leurs blessures et leurs secrets par petites touches comme lorsque le printemps libère l’hiver de ses paysages enneigés avec l’espoir de voir renaître des jours meilleurs.

Avec douceur et subtilité malgré la violence des faits, l’auteure Sarah St Vincent aborde la violence conjugale, la culpabilité et l’espoir du pardon par la rédemption.

Une histoire tragique portée par une plume magnifique qui sied à ravir à ce décors hivernale des Blue Ridge Mountains où nos deux âmes perdues s’apprivoisent, s’entraident malgré la noirceur qui les habitent.

Un magnifique premier roman qui donnent vies à des personnages inoubliables dans une ambiance sous tension où l’intrigue se libère au fil des pages, pour que la souffrance s’envole et que le soleil illumine enfin leur vie.

Une superbe découverte comme sait nous offrir la maison d’éditions Delcourt.

Pour info :

SARAH ST VINCENT a grandi en Pennsylvanie.

Avocate spécialiste des droits de l’homme, elle s’est investie notamment auprès de victimes de violences domestiques.

Elle travaille aujourd’hui pour l’organisation Human Rights Watch en tant qu’observatrice des politiques et pratiques de sécurité intérieure. Se cacher pour l’hiver est son premier roman.

Rosine une criminelle ordinaire

Rosine une criminelle ordinaire de Sandrine Cohen aux Éditions du Caïman

Tu l’as vue ?

Oui, j’ai demandé l’affaire. Le parquet m’a saisi. J’ai été la voir à l’hôpital. Elle a tué ses filles hier vers vingt heures, le petit ami était là, c’est lui qui a appelé le SAMU et les flics. Elle était en état de choc, d’où l’hospitalisation. Elle dit qu’elle est un monstre, qu’elle ne veut pas d’avocat. Elle ne dit rien d’autre. Elle ne sait pas pourquoi elle a fait ça. Elle veut mourir. Le petit ami venait de lui dire qu’il voulait réfléchir.

Et tu crois qu’il y a quelque chose derrière.

– J’en suis sûr. Regarde.

Qu’est-ce qui peut bien conduire une mère si protectrice et si aimante envers ses deux filles à commettre un telle ignominie.

Clèlia, enquêtrice de personnalités auprès des tribunaux, va tout tenter pour comprendre ce qui a poussé cette femme à cet acte indicible. Cette femme est coupable là n’est pas la question, mais si elle prouve que cette mère peut bénéficier de circonstances atténuantes, sa peine d’emprisonnement pourrait être amoindrie. Clèlia veut comprendre, persuadée que derrière cette histoire tragique se cache un drame enfoui dans les méandres de la mémoire de Rosine, cette mère coupable d’infanticide.

[…] « Qui peut dire avec certitude qu’il connaît tout de lui-même ? Qui peut dire avec certitude qu’il n’est pas une Rosine Delsaux en puissance ? Qui peut dire avec certitude qu’il n’est pas un criminel ordinaire en puissance ? » De quoi donner des frissons. Et convaincre un jury.

Ce que j’en dis :

Ayant été confronté à un drame aussi tragique dans mon quartier en 2017, (Une jeune femme a mis fin à la vie de ses deux jeunes enfants) j’appréhendais cette lecture, après avoir lu quelques lignes de la quatrième de couverture. Je me souviens encore de la marche blanche qui avait été organisée, en souvenir de ces enfants. Dans l’impossibilité de marcher cette année là, j’avais partagé leurs émotions douloureuses du haut de mon balcon. Il y a quelques semaines, cette femme a été jugée et a écopé de trente années d’emprisonnement.

Bien évidemment, dans ce polar, le drame ne nous est pas épargné, mais l’histoire est centrée sur l’enquête de Clèlia qui tente à démontrer que derrière cet acte se cachent de terribles secrets qui ont conduit cette mère à commettre l’innommable, sans être prémédité mais malheureusement inévitable.

Elle veut comprendre et prouver que Rosine n’est pas la seule responsable, même si rien n’excusera son horrible geste.

Pour elle, seul un traumatisme a pu amener cette femme à tuer ses enfants, elle ira jusqu’au bout pour trouver ce qui a déclenché cette folie meurtrière.

Elle a beau être une enquêtrice hors paire, sa mauvaise réputation liée à son comportement borderline la précède et ne lui facilite pas la tâche, elle n’hésite pas à sortir des limites autorisées pour réussir à prouver que son intuition ne la trompe pas. Si son attitude et son humour au premier degré ne plaisent guère à sa hiérarchie, elles apportent à cette histoire dramatique un peu de légèreté et permet de poursuivre la lecture avec moins d’appréhension car faut bien le reconnaître, elle m’a plus cette nana au caractère bien trempé et je me suis très vite attachée à elle.

Si Rosine, la coupable est une femme ordinaire, ce polar est loin de l’être. Sandrine Cohen nous confronte à l’impensable, donner une deuxième chance à une criminelle en nous prouvant par l’intermédiaire de son enquêtrice qu’elle avait des circonstances atténuantes en nous le démontrant pas après pas en explorant les mécanismes du passage à l’acte.

Contre toutes attentes, ce polar est vraiment une belle découverte, et je suis persuadée qu’il plaira à tous les fan de la série MINDHUNTER.

Ce serait dommage de passer à côté…

Pour info :

Sandrine Cohen est comédienne, scénariste et réalisatrice de fictions et de documentaires.

Passionnée de faits divers, elle a notamment réalisé trois documentaires sur des crimes de proximité, passionnels et familiaux.

Elle s’est intéressée, au-delà du sensationnel au mécanisme du passage à l’acte. Rosine, une criminelle ordinaire est tiré de ces expériences.

Je remercie Olivia et les Éditions du Caïman pour ce polar surprenant terriblement addictif.

Manaus

Manaus de Dominique Forma aux Éditions de La Manufacture de livres

Si on me repère, m’arrête, ou m’exécute avant mon retour sur le territoire national, l’État niera toute responsabilité ; les services affirmeront sur ce qu’il y a de plus sacré, la Constitution par exemple, ne pas me compter parmi leurs employés. Il est entendu qu’on salira ma mémoire si nécessaire, qu’on dénaturera mon histoire afin de couper court à toute supposition reliant ma mission à la France. […] N’étant pas en Amérique du Sud, ma mission n’existe pas. ”

Les hommes de l’ombre, ils sont partout dans le monde, et pourtant on ignore tout d’eux, jusqu’à leurs existences. Pourtant chaque année, ils sont chargés de missions assez délicates, dangereuses, et surtout secrètes.

Dans l’ombre, ils protègent mais parfois assassinent des personnes devenus gênantes.

C’est en Argentine qu’à lieu la première mission de notre homme. Sous couvert de l’escorte qui accompagne le général de Gaulle, il devra trouver son contact, s’approcher de sa cible, puis l’éliminer, avec efficacité et sans poser de questions.

Mais en cours de route, le Services l’envoient à Manaus.

Je devrais être dans un avion pour Cayenne, à préparer mon mémo de mission. Je suis seul, accompagné de deux autres solitudes, dans un monde où tout peut arriver ; le manque de lumière, la forêt si proche, épaisse, dans laquelle des centaines d’ennemis peuvent se terrer ; autant d’autres pièges sont imaginables, des chausse-trappes, des sous-bois minés, et aucune autre voie de fuite que la barque en bois de João. Et ce bateau rouillé, au loin, qui annonce le pire. ”

C’est dans la moiteur de cette jungle qu’il va se retrouver face à un homme, un témoin dérangeant de son passé qu’il désirerait tant oublier.

Ce que j’en dis :

Il fut un temps où lire une Novella était synonyme de frustration, trouvant toujours le texte trop court à mon goût surtout lorsque je connaissais déjà l’auteur. Puis j’ai apprivoisé le style jusqu’à grandement l’apprécier maintenant.

Malgré la brièveté de récit, l’auteur nous offre une histoire palpitante habitée de noirceur, où la nouvelle mission de notre homme révèle une vieille trahison.

En allant droit à l’essentiel, dans une ambiance poisseuse, on découvre un pan d’histoire de l’époque du Général de Gaulle où les secrets honteux étaient déjà de rigueur.

Chacun peut réécrire l’Histoire après avoir fait le ménage.

Brute, intense, idéal pour faire connaissance avec l’auteur.

Pour info :

Né en 1962, Dominique Forma a vécu plus de quinze ans aux États-Unis, où il a fait carrière comme scénariste et réalisateur.

De retour en France, il publie son premier roman, Skeud, suivi de quatre autres aux éditions Rivages et d’Albuquerque à La Manufacture de livres.

Depuis, il partage son temps entre Paris et Limoges, l’écriture et la photographie.

Je remercie la Manufacture de livres pour nous dénicher des pépites qui nous embarquent toujours vers d’autres horizons.

Beautiful Boy

Beautiful Boy de Tom Barbash aux Éditions Albin Michel

Traduit de l’américain par Hélène Fournier

“ Le Dakota Building, où nous avions emménagé quand j’avais quatre ans, est l’un des immeubles les plus connus au monde. […] La liste des habitants de cet immeuble et des invités qui y ont défilé est le Who’s Who d’un siècle de culture américaine. Le Dakota aurait dû figurer au beau milieu de cette vieille couverture du New Yorker qui représente une petite partie de Manhattan entourée de minuscules points symbolisant le reste du monde, car c’est l’image qu’on avait de lui quand j’étais petit. ”

New-York 1980. À l’angle de la 72 éme rue, face à Central Park, le Dakota Building domine depuis une centaine d’années. C’est dans ce lieu mythique que vit le jeune Anton Winter avec sa famille.

Il est de retour d’une mission humanitaire en Afrique et espère bien se refaire une santé auprès des siens.

“ Je me suis senti chanceux d’avoir eu une enfance relativement ordinaire, bien qu’extraordinaire. Je n’avais pas été enlevé par un de mes parents, et aucun des deux ne s’était fait renverser par un flic ivre, du moins pas encore.

Notre période d’infortune, c’est maintenant que nous la traversions. ”

Son père, Buddy, fait également une pause, après avoir été sous les projecteurs en tant qu’animateur de télévision. Il se remet doucement d’une dépression nerveuse et espère que son fils l’aidera à relancer sa carrière.

Quand à sa mère, ex- mannequin elle se consacre à la campagne de Ted Kennedy.

Sans oublier l’illustre John Lennon un des ses voisins dont il se rapproche sans pour autant profiter de sa notoriété. Une belle amitié s’installe entre eux qui sera hélas écourtée par Mark David Chapman qui fera couler beaucoup d’encre après avoir fait couler le sang au pied du Dakota Building.

Ce que j’en dis :

Tom Barbash nous offre une errance New-Yorkaise de toute beauté en nous transportant dans les années 80 au sein du Mythique Dakota Building en compagnie de la famille Winter.

Anton très proche de son père lui apporte son soutien mais avec une folle envie de s’affirmer et de prendre enfin son envol.

L’auteur pose un regard avisé sur cette famille qui a connu la célébrité dans cette ville en pleine mutation, permettant même à John Lennon de s’illustrer une dernière fois, à travers ses moments d’amitié avec le jeune Anton, qui ne l’oubliera jamais.

La violence rôde dans les rues de New-York sans pour autant mettre fin aux rêves qui hantent de nombreux américains.

Tom Barbash est l’image de sa ville, après son magnifique recueil de nouvelles , il prends de la hauteur avec ce superbe roman et grimpe sur les podiums littéraires en route vers le succès.

Une belle plume américaine, qui ravira tous les amoureux de New-York.

Pour info :

Diplômé de Stanford et de l’université de l’Iowa, Tom Barbash s’est fait connaître en France en 2015 avec un recueil de nouvelles, Les Lumières de Central Park, largement salué par la presse.

Il vit aujourd’hui en Californie et enseigne la littérature au California College of Arts.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette balade new-yorkaise pleine de nostalgie.

L’inconnu de la forêt

L’inconnu de la forêt d’Harlan Coben aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Roxane Azimi

Wilde est celui que l’on nomme l’inconnu de la forêt.

On ignore tout de son passé.

Il reste pour les habitants du coin une véritable énigme.

Pourtant il semble posséder un don pour retrouver les personnes disparues.

Ayant grandi dans la forêt, il l’a connaît par cœur. Aucune piste ne lui échappe. Et même si ses méthodes peuvent vous paraître très spéciales, elles font de lui un enquêteur hors pair.

Alors lorsqu’une jeune fille, puis un lycéen disparaissent il n’attend pas les autorisations pour se lancer à leur recherche, car il sait plus que quiconque que la forêt est pleine de danger et qu’il est parfois difficile et même parfois impossible de retrouver le chemin qui conduit a sa maison.

Ce que j’en dis :

Aux États-Unis 460 000 enfants sont portés disparus chaque année, un sujet qui semble tenir à cœur à Harlan Coben qui traite régulièrement de ce sujet dans ses thrillers, comme notamment dans ce dernier récemment sorti en France.

À cette occasion, il met en scène un nouveau personnage : l’inconnu de la forêt, qui garde une part de mystère qui sera certainement dévoilée au fur et à mesure dans les prochaines intrigues.

On y découvre également un nouveau jeu tendance qui consiste à simuler une disparition, il sera donc plus difficile pour les enquêteurs de faire le tri entre le vrai et le faux dans cette histoire où des adolescents sont portés disparus.

Comme à son habitude, Harlan Coben nous offre une intrigue complexe à travers des chapitres courts rendant la lecture addictive. Si son style d’écriture reste assez basique, c’est plutôt dans l’art et la manière de mener son histoire qu’il excelle, semant au compte goutte les indices.

Derrière cette couverture plutôt réussie qu’il est impossible de ne pas repérer au premier coup d’œil en librairie, vous y retrouvez tout le talent de l’auteur pour passer un moment de lecture plutôt sympa.

Il me tarde de retrouver Wild et d’en connaître je l’espère, davantage sur l’inconnu de la forêt.

Pour info :

Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants.

Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès la publication de ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public.

Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Depuis Ne le dis à personne… (2002) – récompensé du Grand Prix des lectrices Elle et adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet –, Belfond a publié vingt et un romans de Harlan Coben.

Plusieurs ont été adaptés en miniséries, dont Une chance de trop et Juste un regard, diffusées surTF1, ainsi que Intimidation/The Stranger et Dans les bois/The Woods, disponibles en streaming sur Netflix.

Tous ses ouvrages sont également disponibles chez Pocket.

Je remercie les Éditions Belfond pour ce suspens haletant.