Nos corps étrangers

Nos corps étrangers de Carine Joaquim aux éditions de La Manufacture de livres

[…] l’impression de se trouver loin de Paris. C’était ce qu’Elisabeth aimait par-dessus tout : une fois poussée la porte vitrée, elle basculait dans un monde préservé, le monde de l’intime, protégé de l’environnement extérieur.

Élisabeth et Stéphane l’aimaient pourtant cet appartement Parisien où leur fille Maëva avait fait ses premiers pas, mais pour oublier ce corps étranger qui s’était immiscé dans leur couple, il était nécessaire de le quitter pour tenter de recoller les morceaux en prenant un nouveau départ dans cette grande maison à la campagne que Stéphane avait trouvé.

Prendre de la distance et pourquoi pas réaliser enfin certains rêves et tenter de réconcilier leurs corps devenus étrangers l’un à l’autre.

Elle avait doucement essuyé une larme, sans vraiment savoir ce qui, entre la douceur du souvenir et le déchirement du départ, l’avait fait couler. ”

Mais il n’est jamais simple de tourner la page, d’oublier la trahison, les mensonges, et l’adaptation à ce nouvel endroit est loin d’être aisée. De nouveaux corps étrangers s’invitent dans leur nouvelle vie, et risquent de perturber à nouveau le bonheur de leur famille.

Malgré les apparences, Élisabeth n’était pas là. Du haut de son donjon, elle voyait grand, elle voyait loin, devant elle s’étalait tout le champ des possibles, se dessinaient tous les rêves qui n’avaient pas encore pris forme et, elle le savait, cet horizon onirique lui serait accessible, si seulement elle faisait les quelques pas nécessaires pour s’éloigner de sa tour. ”

Et pourtant, c’est peut-être auprès de ces corps étrangers qu’il leur sera possible de retrouver enfin une raison de vivre…

Ce que j’en dis :

En apportant ce projet à Pierre Fourniaud, François Guérif, l’ancien directeur des éditions Rivages a eu du flair et on ne peut que le remercier au passage. Et personnellement ça me plaît ces transmissions entre passionnés qui permettent à de jeunes écrivains méritants de voir enfin leurs manuscrits sortir de l’ombre, et il aurait été bien dommage de ne pas découvrir celui-ci.

Dès les premières pages on tombe sous le charme de la magnifique plume de Carine Joaquim qui nous plonge dans l’intimité d’un couple désuni.

À travers les trois personnages qui composent cette famille, nous suivrons la tentative de reconstruction du couple, cherchant parfois un échappatoire auprès de corps étrangers. Que ce soit pour le couple ou pour Maëva en pleine crise d’adolescence qui découvre à son tour les prémisses de l’amour, rien ne sera simple.

L’auteur nous confronte à cette vie de couple, avec ses trahisons, ses non-dits, ses rêves, sa force mais aussi ses faiblesses, ses souffrances intimes, ses incompréhensions, ses regrets, tout ce qui rapproche ou au contraire détruit sans espoir de retour en arrière.

Un premier roman à limite du thriller psychologique qui cache bien son jeu, car c’est bien plus qu’une histoire de désamour, c’est une histoire qui rends bien justice à tous ces corps étrangers qui jalonnent ces pages.

Bouleversant, surprenant, porté par une plume pleine de sensibilité, Nos corps étrangers s’avère une très belle découverte, et j’espère qu’à mon tour je vous aurai donné envie de le découvrir.

Pour info :

Née en 1976 à Paris où elle grandit, Carine Joaquim vit aujourd’hui en région parisienne et y enseigne l’histoire-géographie. Si elle écrit depuis toujours, c’est depuis six ans qu’elle s’y consacre avec ardeur.Nos corps étrangers est son premier roman publié.

Je remercie la Manufacture de livres et l’agence Trames pour cette lecture intime qui ne manque pas caractère,

Séoul Copycat

Séoul Copycat de Lee Jong-Kwan aux Éditions Matin Calme

Traduit du coréen par Koo Moduk et Claude Murcia

“ Dès sa première visite, Oh lui avait appris deux noms : l’un était celui de l’inspecteur « Lee Suyin » et l’autre celui de « Copycat ».

Il disait que Copycat était le surnom du tueur en série avait poursuivi, poursuite qui l’avait menée jusqu’à cette chambre d’hôpital.

Ce Copycat était très différent du tueur en série ordinaire. Il ne se contentait pas d’imiter certaines méthodes de meurtriers.

Selon Oh, il prenait seulement pour cible des suspects libérés faute de preuves. Et il était capable de reproduire avec exactitude les procédés utilisés par ces suspects qui avaient échappé à la loi. ”

Rien de tel qu’un petit extrait pour vous présenter le nouveau menu Nord Coréen des éditions Matin Calme dont je n’ai fait qu’une bouchée.

Tout a commencé à Séoul, où trois meurtres ont été commis et trois hommes suspectés, sans pour autant finir derrière les barreaux.

Arrive alors dans le paysage un Copycat bien décidé à rendre justice à sa façon, du coup il devient à son tour un meurtrier avec à ses trousses quelques flics de Séoul.

Un homme était sur le point de l’arrêter mais hélas il finit coincé dans un lit d’hôpital, blessé, quasiment aveugle et amnésique…

Lui seul semble connaître la clé de l’énigme, encore faut-il qu’il se souvienne mais surtout qu’il reste en vie.

Tic-Tac, Tic-Tac l’heure tourne, et le Copycat n’a pas fini de mettre les pendules à l’heure.

Ce que j’en dis :

Depuis quelques mois, l’univers du polar s’est agrandit. Les Éditions Matin Calme ont débarqué nous offrant chaque mois de nouveaux menus nord-coréens atypiques à déguster sans modération.

Nouvel auteur, nouvelle enquête, nouveaux personnages et un style incroyable pour nous triturer les méninges dans ce récit complètement addictif.

L’auteur ne ménage ni ses personnages, ni ses lecteurs en les amenant sur des fausses pistes, multipliant le nombres de suspects. Et comme il assure, il vous faudra attendre la quasi fin du livre pour connaître la vérité.

De l’entrée au dessert, ce nouveau menu est une réussite totale en vous proposant de nouvelles saveurs, de nouveaux ingrédients pour que jamais vous ne vous lassiez.

N’hésitez pas à le commander en click and collect chez votre libraire préféré, puis ensuite régalez vous.

Pour info :

Lee Jong-Kwan, discret, presque secret, a été durant 15 ans rédacteur dans une revue professionnelle de criminologie. Séoul copycat est son premier roman.

Je remercie les Éditions Matin Calme et l’agence Trames pour ce polar aux multiples saveurs.

L’ange rouge

L’ange rouge de François Médéline aux Éditions de La Manufacture de livres

“ La croix était fixée à l’horizontale. Une croix en bois brut, clair. Les quartes flambeaux étaient cloués à la coque. La mort se mélangeait à l’air chargé de vase et de rivière. Je me suis agrippé à la croix. J’ai effleuré les tibias. J’ai fait deux pas chassés pour longer les fils verts. Les fils verts remontaient les cuisses jusqu’à l’abdomen. Ils étaient pâles, assortis à la peau rigide que j’ai devinée froide sous le latex. […] L’orchidée flottait. J’ai discerné son cœur qui pompait le sang des chevilles à vif grâce à des tiges aériennes aux couleurs de l’espérance. ”

À Lyon, à la tombée de la nuit surgit sur la Saône, un radeau tout illuminé par une croix où un corps mutilé y est crucifié.

Une orchidée orne le cadavre donnant à cette mise en scène un côté artistique assez macabre.

Le crucifié de la Saône devient le nouveau défi de commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle.

La ville n’a jamais été face à un crime aussi horrible et aussi spectaculaire.

“ Nous avions hérité de l’affaire du siècle. Mon affaire. Le tueur aux orchidées. Le crucifié de la Saône. ”

Pas de temps à perdre, ni le temps de s’attarder sur les problèmes avec la hiérarchie, si l’équipe des six enquêteurs veut mettre la main sur ce tueur fou. Certaines règles et même certaines convictions devront être mises de côtés s’ils veulent obtenir des résultats rapidement.

Une véritable course contre la montre est en route, à en perdre le souffle.

Un seul objectif : trouver ce tueur, si possible avant qu’il récidive.

Ce que j’en dis :

J’ai entendu dire que François Médéline serait le descendant français de l’américain James Ellroy qui m’attend patiemment dans ma bibliothèque. Du coup ça me donne très envie de le dépoussiérer maintenant que j’ai enfin découvert la plume extraordinaire de Médéline.

Lui qui a tué Jupiter (fallait oser quand même) dans un de ses romans (que j’ai très envie de lire maintenant) n’est autre que le scénariste de Pike de Benjamin Whitmer en cours d’adaptation cinématographique (un de mes chouchous américains qui rêvent de se débarrasser lui aussi de son clown peroxydé) c’est dingue ces coïncidences tout de même.

En attendant découvrons L’ange rouge …

D’entrée l’auteur t’amène dans le vif du sujet et te débarque sur cette scène mortelle. Te voilà piégée, menottée à ce flic écorché vif que tu ne pourras plus quitter avant le final.

Rien n’est laissé au hasard, et c’est sous une tension extrême et permanente que Lyon cette ville lumière profanée par cette sombre histoire va t’offrir une visite très particulière avec pour guide Dubak et son équipe de fin limier, prêts à tout pour mettre fin à cette barbarie, qui entache le décor.

Avec un style puissant, des personnages réalistes barrés juste comme il faut qui portent l’histoire à bout de bras en vrai héros, dans cette ville qui tient son rôle à merveille, François Médéline nous offre du noir dans toute sa splendeur.

Un polar de haut vol, puissant, brillant et ambitieux qui rejoint la grande famille des auteurs incontournables du noir.

L’ange rouge vous offre un voyage où les âmes perdues atteindront un jour l’au-delà après quelques détours dans cet abime emplit de noirceur.

C’est publié à la Manufacture et c’est vivement recommandé par Dealerdelignes…

Un bouquin pareil ça se refuse pas, ça se savoure…

Et pour ma part, j’ai hâte de de découvrir les précédents maintenant que je connais cette plume prodigieuse.

Pour info :

Né en 1977 dans la région lyonnaise, François Médéline émigre à Romans-sur-Isère à 11 ans pour y faire son apprentissage du rugby, du grec ancien et de l’amitié.

Durant son doctorat, il est chargé d’études et de recherches à Science Po Lyon, spécialisé en sociologie politique et en linguistique. Il vit et mange politique durant dix ans comme conseiller, plume, directeur de cabinet et directeur de la communication de divers élus. Il aime la belote coinchée, ramasser des champignons en Lozère, pêcher des perches au bord du lac Léman et sa famille.

Il n’écrirait pas s’il n’avait pas lu James Ellroy.

Il apprécie particulièrement les ambiances malsaines de David Lynch, le lyrisme parfois potache de Sergio Leone, La Naissance de Vénus de Boticelli et l’album Ssssh de Ten Years After.

Il est le scénariste de l’adaptation cinématographique du roman Pike de Benjamin Whitmer paru chez Gallmeister. Il a traversé l’océan Atlantique Nord à la voile, se consacre à l’écriture, s’occupe d’enfants dans une école de rugby et n’a pas vraiment de domicile fixe.

Je remercie l’agence Trames et les Éditions de la Manufacture de livres pour cette plongée fascinante où la noirceur nourrit ces pages avec un style hallucinant.

Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant

Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant de Jung Jaehan aux Éditions Matin Calme

Traduit du Coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier

Dans le quartier Yeonnam de Séoul, dans une grande maison de trouve le « Sanctuaire du beau gosse ».

Pour le rencontrer, il vous faudra être armée de patience. Son carnet de rendez-vous est blindé, tant sa réputation est immense.

Cet homme Chamane posséderait une don pour répondre à vos attentes et au passage vous délester d’un paquet de Wons.

Est-ce un charlatan ou un petit malin qui profite de là naïveté des Coréens ?

C’est certainement la question que s’est posée Han Ye-eun une jeune inspectrice du commissariat de Mapo lorsqu’elle tombe sur lui lors une enquête criminelle.

“ Han-jun roule des mécaniques. Ye-eun glousse.

– Vous charriez. Au fond, vous aussi, vous êtes un bel escroc. Votre numéro divination n’est vous sert qu’à vider les poches de vos clients, non ?

Escroc me parait un terme un peu fort. Je me contente de leur apporter mon aide afin de remettre leur vie sur de bons rails. Après tout, je suis bien plus efficace que tous ces psys qui ne jurent que par Freud.

Escroc, pas escroc, le débat se poursuit ainsi un bon moment. ”

Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus, prenez plutôt rendez-vous avec le beau gosse ce chamane arnaqueur, qui cache dans sa garde-robe un costume d’enquêteur au grand cœur, et découvrez à votre tour son histoire.

Ce que j’en dis :

Alors il est comment ce nouveau menu coréen ? Traditionnel ou plutôt exotique ?

Plutôt exotique avec en bonus quelques traditions coréennes.

Et le beau gosse, tu le trouves comment ?

– Tu sais, moi, suis plutôt branchée américain, mais il a du charme c’est certain.

Donc tu ne vois pas d’inconvénient si je lui cours après chez mon libraire ?

Mais carrément, car c’est clair que tu risques de prendre ton pied avec ce beau gosse, le menu est à la hauteur de toutes tes espérances. Intriguant, drôle, attachant, bien rythmé et plein de surprises avec ce petit côté exotique qui donne une saveur incomparable. Et si l’auteure tient ses promesses, on aura droit à de nouvelles aventures, alors tu vois la vie est belle chez matin calme, toujours au top pour varier nos plaisirs littéraires.

– Alors je réserve de suite ce menu très attrayant, et vous chers lecteurs, vous allez craquer pour fondre de plaisir ?

Une chose est certaine, aussi savoureux soit-il ce menu ne vous fera pas grossir, alors ne vous en privez pas.

Pour info :

Jeune autrice, Jung Jae-han a publié plusieurs textes sur internet dont un a reçu le prix Kakao du roman en ligne. Jung Jae-han appartient à cette nouvelle vague de web-auteurs feuilletonistes qui réinventent le roman contemporain.à savoir

Jouant sur des héros archétypiques dignes d’une série Z, son écriture hyper réaliste, un roman qui va crescendo d’un rebondissement au suivant. Un livre clairement taillé pour le cinéma et dont les droits ont été acquis par AD406 (The Chase, A hard day, Witness…).

Je remercie l’agence Trames et les Éditions Matin Calme pour ce délicieux menu coréen en charmante compagnie .

Les pantoufles

Les pantoufles de Luc-Michel Fouassier aux Éditions de l’arbre vengeur

En pantoufles et complet veston, je risquais de détonner un peu, voire de passer carrément pour un cinglé. Il eut été préférable finalement de sortir vêtu d’une robe de chambre. Au moins, cela eût pu me donner des allures de gardien d’immeuble pressé de faire une course et de regagner sa loge pour vaquer à des occupations plus tranquille.

Notre héros s’est laissé distraire ce matin par quelques grains de poussières oubliés par sa femme de ménage. Un peu contrarié et plutôt pressé, il sort précipitamment s’apercevant trop tard que ses clés sont restées à l’intérieur et qu’il a toujours ses pantoufles aux pieds.

“ Je ne les avais jamais observées avec autant d’attention, mes charentaises. Mis à part, cette tâche, elles avaient fière allure. Les extrémités au-dessus des gros orteils ne présentaient pas encore l’usure habituelle qui dégénérait en trou, signe annonciateur d’un remplacement imminent. […] Pointure 42, tissu 100% laine, fabriqué en France. Fières, mes charentaises affichaient un petit air aristocratique.

Quelque peu contrarié au départ, il va pourtant se faire très vite à l’idée et c’est à pas feutrés qu’il poursuivra sa journée ignorant encore les surprises qui l’attendent.

Ce que j’en dis :

Un homme sort en pantoufles et tout le monde ou presque semble offusqué, pourtant personne n’a fait de réclamation auprès de Naghi qui s’affiche à la télé en costume avec des baskets toujours très olé olé aux pieds devant des millions de spectateurs, allez comprendre.

Il est clair que dès que l’on s’offre un peu de fantaisie dans ses tenues vestimentaires, les regards s’attardent et se permettent de juger, sans même savoir le pourquoi du comment. Et bien évidemment notre étourdi va vite s’en rendre compte. Son obstination va même lui fermer quelques portes et lui interdire certains accès, tout ça parce qu’il porte des pantoufles.

Mais n’en déplaise aux biens chaussés, les pantoufles c’est le pied… et même Cendrillon et sa pantoufle de verre ne font pas le poids face à ces pantoufles en feutre qui pourraient bien permettre à notre héros de se faire de nouveaux amis et peut-être même de trouver chaussure à son pieds.

Une lecture fort agréable, drôle et pleine d’esprit à lire au coin du feu, les doigts de pieds en éventail dans une bonne paire de charentaises.

Pour info :

Luc-Michel Fouassier est né en mai 68, non loin des pavés, en région parisienne. Ses premiers livres ont paru en Belgique. Au contact de nos amis wallons, il a acquis la conviction que l’humour bien troussé et bien chaussé reste le moyen de lutter le plus efficace contre les fâcheux de tous poils. Il a publié chez Quadrature et Luce Wilquin, notamment Le Zilien, préfacé par Jean-Philippe Toussaint.

Je remercie l’agence Trames et les Éditions de l’arbre vengeur pour cette chouette découverte.

Le lièvre d’ Amérique

Le lièvre d’Amérique de Mireille Gagné aux Éditions La Peuplade

Encore le même cauchemar. Diane sursaute et ouvre les yeux, aussi anxieuse que la veille. Quelqu’un l’a poursuivie toute la nuit. Elle se remémore un chemin touffu. L’hiver. Des branches de sapin lui frôlant le visage. Il fait froid, mais elle ne le ressent pas vraiment. Ou très peu. Un cri étrange. Comme celui d’un enfant perdu en forêt. Ou était-ce le sien ? La scène fuit devant la réalité. D’un claquement de doigts. Son appartement se superpose au rêve. “

Diane est ce qui pourrait s’apparenter le mieux à une employée modèle. Une véritable acharnée du travail qui ne compte pas ses heures. Mais depuis quelques temps, elle ressent d’étranges sensations même si cela ne l’empêche pas de se surpasser au travail comme à son habitude, elle ne peut pas faire taire les inquiétudes qui l’envahissent face aux regards que lui portent ses collègues. Et si l’intervention chirurgicale qu’elle venait de subir y était pour quelque chose ?

” Dans l’exaltation de son retour, elle ne remarque pas que ses collègues l’examinent attentivement de la tête aux pieds. À l’affût du moindre changement. La moindre faille. Un rien démarre une rumeur. Ils notent une certaine agitation dans ses mouvements, par saccades. Une manière inhabituelle de bouger les yeux. Aussi, son port de tête est plus reculé, et ses lèvres sont étrangement serrées par- dessus ses dents. Plusieurs minimes changements l’animent, comme si, pendant sa brève absence, quelqu’un d’autre s’était immiscé dans son corps. “

Des souvenirs resurgissent du passé. Quinze ans plus tôt, pendant son adolescence à l’Isle-aux-grues , elle avait fait connaissance avec un jeune homme fasciné par les espèces en voie d’extinction. Une rencontre marquante qu’elle n’a jamais complètement oublié.

” J’ai su qu’on deviendrait plus que des amis.

Tu n’étais pas comme tout le monde. “

Et si tout ceci était lié ?

Ce que j’en dis :

Le lièvre d’ Amérique sort des sentiers battus c’est le moins que l’on puisse dire.

Il a franchit les frontières pour nous permettre de découvrir son histoire atypique.

D’un chapitre à l’autre, le lièvre d’Amérique bondit et nous embarque dans une fable contemporaine adaptée librement par Mireille Gagné d’une histoire algonquienne, où l’on découvre les origines de Nanabozo.

Impossible de ne pas être sous le charme de ce récit qui tout en gardant une part de mystère nous fait rêver à travers ce comte original et poétique.

Un véritable plaisir pour les sens qui se réveillent avec une folle envie de filer au Canada, pour suivre les traces de ce lièvre à travers cette nature où l’on pourrait se perdre pour oublier toute cette effervescence qui bouscule notre quotidien.

Liberté quelque peu retrouvée, mais toujours avec quelques barrières étant donné le climat actuel, il fait bon de croiser ce genre de livre sur notre route littéraire, de laisser les plumes canadiennes nous permettre de formidables évasions grâce notamment à cette maison d’éditions La peuplade, qui nous offre à petit prix des voyages extraordinaires et nous permet de rencontrer des auteurs remarquables.

Alors sortez votre collet, filez en librairie et n’hésitez pas à piéger ce lièvre d’Amérique, vous ne pouvez pas le rater, sa couverture est magnifique.

Même s’il est plutôt malicieux :

Pour info :

Mireille Gagné est née à l’Isle-aux-Grues et vit à Québec.

Depuis 2010, elle a publié des livres de poésie et de nouvelles. 

Le lièvre d’Amérique est son premier roman.

Je remercie l’agence Trames et les Éditions La peuplade pour ce voyage poétique dépaysant .

Le dit du mistral

Le Dit du mistral d’Olivier Mak-Bouchard aux Éditions Le Tripode

” Le bon Dieu le coupa tout net. […] « Passe directement au prochain chapitre. »

« J’allais y venir. Je vous présente mon petit dernier, qui vient de naître dans une grotte près de Burzet. C’est mon caganis : je l’ai appelé Mistral. Vous vouliez de la magnificence, vous ne serez pas déçu : c’est un enfant terrible, un petit malpoli qui peut dépasser les cent kilomètres par heure en rafale. Il a une personnalité à décorner les bœufs, toujours à faire les quatre cents coups. Les gens vont l’adorer ou le détester, mais je peux vous dire qu’ils s’en souviendront et qu’il marquera les esprits. Il va déshabiller la région, la pénétrer jusqu’au corps, lui enlever son capeu de nuages les jours de mauvais temps. Si des nuages s’accumulent au-dessus de Mourre Nègre, le Mistral se mettra à souffler pour les faire déguerpir : moi, avec lui, j’offre un ciel toujours bleu, une lumière radieuse,et des couleurs chatoyantes. »

Un matin, suite à un violent orage, un mur du jardin de Monsieur Sécaillat s’est éboulé, mettant à jour des morceaux de poterie.

Après l’avoir montré à son voisin, ils décident de creuser en secret pour déterrer ce qui pourrait être un trésor archéologique.

” J’étais partagé entre la joie d’avoir – déjà – découvert quelque chose, ce qui n’était pas donné au commun des mortels, et la déception de ne trouver rien d’autre, rien de plus excitant, rien de plus extraordinaire. Nous nous rêvions Indiana Jones, nous n’étions que les terrassiers d’un vieux débarras. “

Sous la surveillance de  » Hussard « , un chat apparu un jour dans le paysage, les travaux commencèrent.

En quelques jours, la vie de ces deux hommes va être chamboulée à jamais.

Et ce n’est que le début d’une formidable aventure…

” En bon Provençal, il faut se tourner encore une fois du côté des légendes pour avoir un début d’explication. “

Ce que j’en dis :

Si vous vous demandez comment est né le Mistral, ce vent qui tape souvent sur les nerfs des méditerranéens et leur apporte pourtant un ciel azur quasi quotidiennement, je vous invite justement à découvrir ” Le Dit du mistral “ .

Car en plus de certains secrets bien gardés qui se transmettent d’un bourg à l’autre de la Provence, les soirs d’hiver, vous allez vous régaler avec cette histoire hors du commun.

La Tripode en a décidé ainsi, en publiant cet unique roman pour cette rentrée.

Et unique, il l’est de bien des façons, je vous le garantis.

Soulignons au passage, la beauté du livre, et sa magnifique couverture, qui nous dévoile un avant goût de ce qui nous attend avec  » Le Hussard ” le félin de ces lieux.

Et puis cette histoire, née un soir d’orage qui va rapprocher deux hommes, deux voisins autour d’un lieu où la magie opère et nous conduit vers des légendes ancestrales.

Ce roman vous offre du dépaysement, du suspens, une aventure humaine hors du commun à travers une formidable histoire provençale où l’amitié ouvre le cœur des hommes les amenant vers d’étranges endroits.

Une véritable source de bonheur pour qui osera se laisser porter dans ce récit où le Mistral joue les trouble-fêtes pour ensoleiller la vie des lecteurs.

Un premier roman lumineux, magnifique, un véritable enchantement à découvrir absolument.

N’hésitez surtout pas.

 » À ce stade de l’histoire, le lecteur peut décider de s’arrêter : il aura alors lu un joli conte de Noël provençal, ce qui n’est déjà pas donné à tout le monde.

Mais s’il choisit de continuer sa lecture, il faut le mettre en garde. Il doit se rappeler que les légendes, si elles sont racontées pour faire rêver, introduire une part de mystère dans un monde terne, sont aussi racontées pour expliquer l’incompréhensible, démêler l’indémélable. Il devra garder à l’esprit que toutes les légendes, sans exception, ont un fond de vérité. On ne sait jamais de quoi il retourne exactement. La part du vrai, la part du faux, bien malin celui qui arrive à les démêler. “

Pour info :

Olivier Mak-Bouchard a grandi dans le Luberon. Il vit désormais à San Francisco. Le Dit du mistral est son premier roman.

Je remercie L’agence Trames et La Tripode pour ce récit enchanteur.

Le portrait de la Traviata

Le portrait de la Traviata de Do Jinki aux Éditions Matin Calme

Traduit du Coréen par Kyungran Chol et Delphine Bourgoin

” Une femme et un homme ont été assassinés à l’arme blanche. Leurs corps ont été retrouvés dans l’appartement de la jeune femme. Tous deux étaient presque des inconnus l’un pour l’autre. “

Voilà comment démarre cette histoire, une double mort dans un appartement au premier étage d’un immeuble. Se sont-ils entretués ?

” (…) D’après moi, le mobile d’un crime est plus important que la méthode utilisée ou les indices relevés. Une fois qu’on l’ a établi, il ne reste plus qu’à dérouler le fil pour trouver le coupable. “

Ou alors une tierce personne ? Mais alors qui est le coupable ? Le concierge peut-être ? Ou le petit ami d’une des victimes ?

 » – Ce meurtre est un véritable travail d’orfèvre. Nous allons devoir faire preuve à notre tour d’une grande imagination et nous montrer à la hauteur de son génie. “

Pour Lee Yuhyeon, cette affaire est pleine de mystère et l’aide précieuse de l’avocat Gojin, baptisé l’avocat de l’ombre sera la bienvenue.

” Lee Yuhyeon a l’impression que le brouillard se dissipe. Le lieu du crime, les indices, les dépositions des témoins… Le puzzle prend forme. “

Un véritable jeu de piste pour trouver le véritable meurtrier commence, les interrogatoires s’enchaînent car ils sont nombreux en fin de compte à avoir une bonne raison d’avoir commis ce double meurtre.

Ce que j’en pense :

À peine commencé je me suis retrouvée au cœur d’un Cluedo coréen avec un avocat qui ressemblait étrangement à Colombo, toujours à fouiner partout, en posant des questions dérangeantes aux suspects et possédant un flair extraordinaire.

Il est clair que face à un tel cas de figure, l’enquête ne va pas être facile à résoudre.

Mais on peut compter sur la persévérance de ce duo, flic avocat pour obtenir satisfaction.

Tout comme ce double meurtre, ce roman bien ficelé, qui ne manque pas d’énigmes à résoudre, ravira tous les fans du jeu Cluedo, ou des enquêtes de la reine du crime Agatha Christie

Un nouveau menu à la sauce Coréenne qui s’ajoute à la carte des éditions Matin Calme.

Pour info :

Do Jinki a 48 ans. Depuis vingt ans, il est juge au tribunal du district nord de Séoul. À quarante ans, il est devenu écrivain à succès de romans policiers. En 2010 son premier polar reçoit le Mystery Rookie Award de la Korean Mystery Artists Association. Il sera suivi par neuf autres romans policiers en deux séries parallèles, l’une mettant en scène l’avocat Gojin, l’autre le juge Djingi. En 2014, il obtient le Koreen Mystery literary Award pour son long-métrage, Thé. Statof Judas. Ses romans sont notamment traduit en Chine et quatre de ses livres ont été vendus à des sociétés de production faisant la part belle aux rebondissements. Ses fans l’ont baptisé le « John Grisham de Corée».

Je remercie les Éditions Matin Calme et l’agence Trames pour ce nouveau menu Coréen qui ne manque pas d’énigmes.

Aux vagabonds l’immensité

Aux vagabonds l’immensité de Pierre Hanot aux Éditions de la manufacture de livres

– Je voulais juste dire qu’à l’ignominie répond l’ignominie, que c’est un engrenage, œil pour œil, dent pour dent: tu tues ton voisin pour venger la mort de ton frère et à son tour, le fils de ton voisin s’acharnera à venger son paternel ! Lorsque la violence s’impose, personne n’en sort indemne. “

À Metz, en Lorraine, la nuit du 23 au 24 juillet 1961 connue des heures sanglantes suite à une rixe qui a mal tourné. Cette expédition punitive,  » la ratonnade  » , va laisser dans son sillage quelques morts et de nombreux blessés.

On la nommera par la suite : « La nuit des paras ».

Ce drame historique, qui demeure pourtant assez méconnu, Pierre Hanot l’aborde à sa manière à travers son dernier roman ” Aux vagabonds l’immensité “.

En remontant le fil du temps, il nous offre les portraits de certaines personnes reliées à cette tragédie , à travers des instants de vie qui ont précédé cette fameuse nuit.

Des hommes et des femmes de différents horizons aux destins liés pour toujours.

Des vies simples qui seront bouleversées cette nuit là par les coups de l’Histoire.

Ce que j’en pense :

Pierre Hanot a le don pour m’embarquer loin des sentiers battus, vers des histoires du passé aux faits historiques pas toujours passionnant lorsqu’ils apparaissent dans les manuels d’Histoire. Mais voilà, il a l’art et la manière de déterrer certains sujets oubliés et de les rendre interessants grâce à ses personnages attachants, à une construction originale de son récit et à sa verve en parfait accord avec l’époque.

Incontestablement, nos souvenirs resurgissent, les bons comme les moins bons, les seconds liés aux premières confrontations de haine raciale même si j’étais jeune à l’époque, je me souviens de ces mots, ces insultes que j’entendais ici et là, mais qui véhiculaient malgré tout, déjà une grande violence.

Pierre Hanot nous offre son regard d’écrivain, avec une certaine liberté tout en abordant avec émotion et réalisme les tensions raciales des années 60, qui résonnent malheureusement toujours actuellement dans le monde entier.

Et même si je regrette que ce roman soit court, j’ai une fois de plus apprécié cette belle plume qui m’a fait voyager dans le temps et fait découvrir un pan historique de ma région, peu reluisant. Pas étonnant qu’il demeure presque inconnu, mais heureusement on peut compter sur Pierre pour éclairer nos lacunes avec une certaine élégance.

Une beau moment de lecture à savourer sans modération.

À découvrir également sur mon blog (https://dealerdeligne.wordpress.com/2017/12/16/gueule-de-fer/) son précédent roman Gueule de fer.

Pour info :

Pierre Hanot est né en 1952 à Metz. Enfance heureuse malgré la polio qui lui laissera des séquelles à une jambe, adolescence plus tourmentée durant laquelle la découverte des surréalistes sera son Mai 68. 

Tour à tour poète, maçon, routard, professeur d’anglais, song-writer, chanteur et guitariste, il prend dans les années 70 la musique en otage, accompagné par son groupe, le Parano Band. Suivront trente-cinq années d’aventures rock’n’rollesques et de concerts dont plus de 200 dans la plupart des prisons françaises, démarche hors normes qui impacte son funk-blues et forge sa poésie urbaine.

Homme de convictions, il relate en 2005 cette expérience unique dans Rock’n taules, récit salué par la critique unanime. Se consacrant dès lors au roman, il rejoint le monde du polar et du noir, lauréat en 2009 du Prix Erckmann-Chatrian pour son opus Les clous du fakir paru chez Fayard. Autre univers, l’art du collage que Pierre pratique en toute liberté, scénarisant ses œuvres au sein d’expositions évènementielles et interactives.

Je remercie l’agence Trames et les Éditions de la manufacture de livres pour ce récit très touchant.

Tuer le fils

Tuer le fils de Benoit Séverac aux Éditions de La manufacture de livres

Le scénario de son existence avait été monté à l’envers dès le départ. C’est le père qu’on aurait dû mettre derrière les barreaux quand Mathieu n’était encore qu’un enfant, avant qu’il soit trop tard pour tout le monde. Ça aurait évité à Matthieu de souffrir, à son père de mourir assassiné ; ça aurait fait gagner du temps à la police et aux tribunaux, économiser de l’argent aux contribuables. Seulement voilà, il aurait fallu que quelqu’un ait le courage de signaler les agissements d’un voisin ou d’un ami à la police. Il aurait fallu se dire que ça tournerait vinaigre, un jour ou l’autre et qu’il était encore temps de faire quelque chose. “

Les relations père fils sont bien souvent difficiles, d’autant plus quand le père élève seul son garçon et semble garder envers lui, une rancune tenace.

Le petit gars devient un jeune homme, élevé à la dure, par un père loin d’être aimant.

Alors un jour, Matthieu cherchant à prouver à son paternel qu’il était devenu un homme, commet l’irréparable, un meurtre inutile qui va le conduire direct derrière les barreaux pour quinze ans.

Entre ces murs, il rejoint un atelier d’écriture où il commence à écrire son histoire, encouragé par l’intervenant du cours, un écrivain assez connu.

Le lendemain de sa libération, son père est assassiné et Matthieu fait le coupable idéal.

Mais pour l’inspecteur Cėrisol chargé de l’enquête, rien n’est moins sûr. Il s’interroge et décide de creuser davantage pour comprendre ce qui aurait pu pousser un fils à tuer son père, si vraiment c’est le cas.

” – Ils se sont battus.

– Ça en a tout l’air.

– Ça ne veut pas dire qu’il l’a tué.

-Non, mais ça veut dire qu’il nous a menti en affirmant que son père ne l’avait pas laissé entrer.

Pour la première fois depuis le début de l’enquête, Cérisol sentait qu’ils tenaient quelque chose de palpable, que les fils se tissaient pour se resserrer sur le tueur au lieu de se multiplier. “

Ce que j’en dis :

Connaissant déjà la plume de l’auteur et l’appréciant fortement, c’est confiante que j’ai commencé ce nouveau roman et je n’étais qu’au début d’agréables surprises.

Une chose est certaine, l’auteur ne s’est pas endormi sur ses lauriers et son nouveau polar a grimpé un échelon en intensité, avec des personnages d’une densité surprenante et une histoire on ne peut plus réaliste.

Amis scénaristes vous devriez vous penchez sur cet écrit, au lieu de nous pondre des remakes à n’en plus finir.

Quand à vous, amis lecteurs, vous l’aurez compris, une fois plongée dans ce polar au suspens implacable, au cœur de cette relation père fils assez destructrice, aux côtés d’un flic épicurien et d’un écrivain manipulateur en manque d’inspiration, j’ai eu un mal fou à le lâcher. Mais hélas, chaque histoire a une fin, sans pour autant me laisser sur ma faim mais avec une certaine envie de retrouver l’inspecteur Cérisol pour un nouveau menu cinq étoiles au guide du polar. Je suis sûr que notre regretté Claude Mesplède aurait été d’accord avec moi.

Amoureux du noir c’est à votre tour de découvrir cette plume remarquable.

Pour info :

Benoît Séverac est auteur de romans et de nouvelles en littérature noire et policière adulte et jeunesse. Ses romans ont remporté de nombreux prix, certains ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre.
Ils font la part belle à un réalisme psychologique et une observation sensible du genre humain. Chez Benoît Séverac, ni bains de sang ni situations malsaines. L’enquête policière n’est souvent qu’un prétexte à une littérature traversée par des thèmes profonds et touchants, et une étude quasi naturaliste de notre société.

Dès qu’il le peut, il collabore à divers projets mêlant arts plastiques (calligraphie contemporaine, photographie) et littérature.

Dans le domaine cinématographique, il a participé à l’écriture du scénario de Caravane, un court métrage de Xavier Franchomme, et présenté trois documentaires sur France 3 dans la série Territoires Polars.

Par ailleurs, il enseigne l’anglais à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse ainsi qu’aux étudiants du Diplôme National d’Œnologie de Toulouse.
Il est dégustateur agréé par le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace, ex-Internal Assessor du Wine and Spirit Education Trust de Londres et membre du jury de dégustation Aval Qualité du Comité Interprofessionnel des Vins du Sud-Ouest.

Benoît Séverac est membre co-fondateur des Molars, association internationale des motards du polar qui compte plus de vingt membres représentants trois continents.

Benoît Séverac est curieux et touche-à-tout. Ainsi il a été tour à tour guitariste-chanteur dans un groupe punk, comédien amateur, travailleur agricole saisonnier, gardien de brebis sur le Larzac, restaurateur de monuments funéraires, vendeur de produits régionaux de luxe et de chambres « meublées » pour gros clients japonais, professeur de judo, photographe dans l’armée de l’air, serveur dans un restaurant italien en Angleterre, dégustateur de vins, conseiller municipal, président d’association périscolaire, clarinettiste dans un big band de jazz puis co-fondateur d’une fanfare rock-latino-jazz… Il compte bien que la liste ne s’arrêtera pas là.

Je remercie la Manufacture de livres et Camille de l’agence Trames pour cette enquête sucrée à la saveur amère, un vrai régal.