Leur âme au diable

Leur âme au diable de Marin Ledun à la Série noire chez Gallimard

– Dit Marin pourquoi tu fumes ?

À une époque Daniel Pennac à travers son essai : “ comme un roman ” avait tenté de désacraliser la lecture tout en lui rendant hommage. Il invitait le lecteur à réfléchir sur les différentes manières de s’instruire ou pas, de lire ou de ne pas lire, le droit de lire n’importe quoi, et même le droit de se taire.

Marin Ledun lui, nous propose 1000 et une façons de continuer de fumer ou pas, du fumer n’importe quoi ou pas, en nous faisant découvrir l’industrie du tabac, et apparemment une fois encore il a choisi : le droit de ne pas se taire, et il a bien fait.

– Dit Marin pourquoi tu fumes ?

Pour ma part j’ai choisi de m’octroyer le droit de lire, mais pas n’importe quoi, et depuis 2005, clap de fin pour mes virées chez le buraliste, adieu très chère tige à cancer, à moi la liberté, et c’est les poches pleines de tout ce qui n’est pas parti en fumée que je peux visiter les librairies et tomber sur des auteurs comme Marin Ledun qui à travers ses récits pointent le doigt là où ça fait mal.

– Dit Marin pourquoi tu fumes ?

C’est pourtant à travers leurs slogans qui prônent la liberté que beaucoup sont tombés dans le cercle infernal de la cigarette.

Ça fait mâle, ça donne du style, mais lorsque les femmes s’y sont mise, là ça a fait mal, c’est tout juste si on ne les traitait pas de traînée, souvenez-vous.

– Dit Marin pourquoi tu fumes?

Car en plus de nous offrir un roman noir extraordinaire, Marin Ledun retrace à travers cette route de la nicotine, toute une époque, et n’oublie pas tous les événements marquants liés ou pas au tabac.

Dit Marin, pourquoi tu fumes ?

Ça commence en 1986 par un braquage très particulier. Les billets verts, c’est pour plus tard. D’abord on met en place le business avant de pouvoir palper la monnaie.

Dit Marin, pourquoi tu fumes ?

Fortement documentée, cette introspection dans l’industrie du tabac est une véritable bible pour comprendre et découvrir l’envers du décor, tout ce qu’on nous cache derrière cet écran de fumée.

« Le but est de faire diversion. Éviter les procès lorsque c’est possible. Multiplier les recours en justice si nécessaire. Et créer un climat médiatique et politique confus autour du tabac à l’échelle nationale. ”

“ Dans le système d’homologation des tarifs du tabac, les douanes jouent un rôle crucial. Mention particulière aux fourmis de la Direction générale des douanes et des droits indirects. Leur mission consiste à récolter pour le compte de l’État les taxes sur les alcools et les tabacs. Tant qu’on leur file leur part du butin, ils ne font pas de vagues. Gagnant-gagnant. ”

– Dit Marin pourquoi tu fumes ?

Vous l’aurez compris, Marin Ledun nous ouvre les yeux, sur cette plante qui pourrit la planète, puis la santé de ses consommateurs. Une plante légale tellement rentable qu’elle engendre, violence, trafics, corruption pour assouvir l’ambition de personnes sans scrupules prêtes à tout pour des poignées de dollars.

– Ma vie est un film de gangsters dans lequel je joue le rôle du salaud. […] Mon métier consiste à falsifier, manipuler, abuser, tricher, corrompre pour vendre le plus de cigarettes possible et m’enrichir. Je ne sais faire que cela. ”

Après la lecture de ce roman extraordinaire vous ne verrez plus la clope de la même façon, c’est certain.

Oubliez vos clopes, achetez-vous des livres, notamment celui-ci.

– Mais dis-moi Marin, pourquoi tu fumes ENCORE ? Dieu est un fumeur de Havane, mais bon, il y a assez de monde dans son paradis qui ont laissé leur âme au diable.

Pour info :

Marin Ledun est l’auteur d’une vingtaine de romans dont Les visages écrasés, plusieurs fois récompensé et adapté au cinéma, et l’homme qui a vu l’homme, prix Amila-Meckert.

Avec Leur âme au Diable, il nous livre LE grand roman sur l’industrie du tabac.

Je remercie les Éditions Gallimard et Marin Ledun pour ce roman noir comme la nicotine mais non pas moins brillant .

L’île des chamanes

L’île des chamanes de Kim Jay aux Éditions Matin Calme

Traduit du coréen par Choe Ae-young et Jean Bellemin-Noël

“ […] – Je crois que vous n’avez guère idée de la gravité qu’atteignent les violences commises par les adolescents d’aujourd’hui ! Je connais des petits fumiers qui se font leur argent de poche en enfermant des filles plus jeunes dans une chambre de love hôtel pour qu’elles fassent les putes, voilà ce qu’on ramasse comme collégiens de nos jours ! ”

Kim Seong-ho, un profiler très en vu à Séoul enquête sur un cyber-harcèlement, après la découverte sans vie d’une jeune femme.

Étant harcelé à son tour, ses comptes piratés, sa vie exposée au grand jour, par les suspects, il se retrouve contraint de quitter la ville.

Cela lui donne l’occasion d’aller sur l’île de Sambo pour reprendre une enquête, où trois femmes avaient été portées disparues, probablement victimes d’un serial killer.

C’est accompagné de Yeo Do-yun, un spécialiste du folklore et des rites chamaniques, qu’il va reprendre les recherches sur l’île.

Dans une ambiance glaciale, Kim Seong-ho va très se retrouver sous l’emprise de l’île qui semble posséder le pouvoir de raviver les souvenirs oubliés. Le profiler va en faire l’expérience et se retrouver au cœur d’un conflit intérieur le ramenant vers son passé.

Un passé qu’il aurait peut-être mieux valut laissé enterrer…

Ce que j’en dis :

Depuis quelques mois les Éditions Matin Calme nous offrent des menus coréens très atypique qui nous permettent de découvrir des auteurs de différents horizons autour du polar.

Cette fois, on se retrouve en premier lieu confronté à la violence de la jeunesse avant de rejoindre une île, où trois femmes ont disparu.

L’île des chamanes nous envoûte à travers cette intrigue parfaitement maîtrisée qui lève le voile jour après jour sur un passé en lien avec le présent.

Afin de laisser les futurs lecteurs découvrir cette histoire captivante, n’en dévoilons pas davantage.

Mais une chose est sûre, les bonnes surprises sont au rendez-vous et Kim Jay est plutôt douée pour embarquer ses lecteurs dans un univers particulièrement étrange sous une tension permanente, avec un profiler attachant que l’on aura plaisir à retrouver.

Pour info:

Kim Jay est l’autrice de nombreux romans policiers.

Elle anime également une association d’auteurs de Mystery Novels à Séoul.

L’Île des chamanes est son premier roman mettant en scène le profileur Kim Song-ho, le deuxième venant de paraître en Corée.

Je remercie les Éditions Matin Calme pour ce thriller envoûtant.

La république des faibles

La république des faibles de Gwenaël Bulteau aux Éditions de La Manufacture de livres

“ Dans le halo terne de sa lampe, il faisait sa moisson à l’aide de son crochet quand soudain il entendit un bruissement et, du coin de l’œil, surprit un mouvement de fuite. Il plissa les yeux. Non, ce n’était pas un rat, plutôt une espèce de cabot à la recherche d’une ordure comestible. Il siffla mais la bête, ne lui prêtant aucune attention, disparut dans l’obscurité. […] Perdu dans ses pensées morbides, il continua sa récolte et tomba sur une vieille couverture. C’était rare, ce genre de trouvailles. En général, les gens les usaient jusqu’à ce qu’elles tombent en lambeaux. D’un geste aguerri, il la piqua pour la ramener vers lui, dévoilant en dessous une forme difficile à distinguer. Une impression bizarre le saisit. Il approcha la lampe et faillit tourner de l’œil à la vue du corps mutilé. ”

Le soir du premier janvier 1898, à Lyon dans le quartier de La Croix Rousse, le corps mutilé d’un enfant est découvert par un chiffonnier.

Il s’avère qu’il vient des quartiers populaires et qu’il était porté disparu depuis quelques semaines.

Alors qu’à Paris, l’affaire Dreyfus fait les gros titres des journaux, de fortes tensions sévissent à Lyon, à l’approche des élections.

Le commissaire Jules Soubielle, chargé de l’enquête va devoir se montrer ingénieux pour résoudre cette affaire.

La fin du siècle approche, il serait temps de rendre justice à ces ouvriers, ces petits commerçants, la république étant censée défendre les faibles.

“ – On disait : Vive la république ! et le client répondait : Qui prend soin des faibles ! […] Dans cette république dévoyée, les faibles buvaient le calice jusqu’à la lie. ”

Ce que j’en dis :

Pour oublier le présent, rien de tel qu’un voyage dans le passé, l’occasion de découvrir un premier polar historique de très belle facture.

Dès le départ on se retrouve transporté à une autre époque, dans l’ambiance lyonnaise de jadis.

Dans une atmosphère magnifiquement reconstituée, sous une plume singulière de toute beauté. l’histoire se profile et nous emmène vers les quartiers pauvres où même la mort d’un enfant a du mal à émouvoir l’administration.

Gwenaël Bulteau réussi d’une main de maître à nous captiver à travers une formidable intrigue. On redécouvre le contexte antisémite lié à l’affaire Dreyfus, mais également la place des femmes, le travail des enfants, les mœurs, la misère d’un côté, la bourgeoisie de l’autre.

Sa mise en scène est remarquable tout comme ses personnages forts bien représentés et très attachants. Tout sonne juste et nous rappelle les romans de Zola ou plus récemment ceux d’ Hervé Le Corre.

Moi qui avait tant aimé également L’aliéniste de Caleb Carr ou dernièrement la série télévisée Paris 1900, j’ai vraiment apprécié cette nouvelle voix de la littérature française, d’autant plus qu’elle met en lumière les plus faibles trop souvent oubliés hier et encore aujourd’hui par la République.

Un premier roman éblouissant à découvrir pour se remémorer le chemin parcouru de nos ancêtres et le long chemin qu’il reste à faire pour être enfin, libres, égaux et fraternels.

C’est publié à La Manufacture de livres, une maison d’éditions où les belles plumes y ont une place de choix.

Pour info :

Né en 1973, Gwenaël Bulteau est professeur des écoles. Particulièrement attiré par le genre noir, il écrit diverses nouvelles et remporte plusieurs prix. En 2017, il est notamment lauréat du prix de la nouvelle du festival Quais du Polar, pour Encore une victoire de la police moderne !

Je remercie la Manufacture de livres et l’agence Trames pour ce polar historique d’exception.

Indice des feux

Indice des feux d’Antoine Desjardins aux Éditions de La Peuplade

“ Quand on nous monte ici, on le sait tout de suite qu’on en ressortira plus. […] même si personne n’ose le dire, c’est écrit noir sur blanc, c’est gravé jusqu’au sang : ça finit là. ”

Accompagné un adolescent en fin de vie qui part presque sans regrets avant la fonte totale des glaciers, ça donne sérieusement à réfléchir sur le devenir de notre monde.

Bouleversement émotionnel intense pour cette première nouvelle qui donne le ton de la suite.

L’auteur met en scène des personnages qui se soucient de protéger la planète, sa faune et sa flore. On découvre des hommes et des femmes en plein désarroi qui s’interrogent sur le futur.

Qu’ils soient futurs parents, amoureux des oiseaux, des arbres, survivaliste, ou en même en fin de vie, chacun espère que la bêtise humaine souvent responsable de bien des maux disparaîtra avant l’effondrement, avant que tout s’éteigne à petit feu.

Les indices sont là devant nos yeux, signes précurseurs avant l’embrasement.

[…] Ça sert à rien d’essayer de sauver la planète, les océans, la forêt amazonienne ou les koalas. Ce qu’il faut sauver… ce qu’il faut établir, soigner, rapiécer, c’est notre relation au monde dans lequel on vit trop souvent en surface, sans y être vraiment. Sauver notre relation à la nature, au vivant, parce que tout le reste en dépend. Tu me suis ? ”

Mais heureusement il reste la sagesse des anciens qui possèdent le pouvoir de transmettre l’espoir à la jeunesse, il suffit juste d’ouvrir grand ses yeux, de tendre l’oreille et de se souvenir.

[…] Il faut prendre soin, mon homme. Prendre soin de tout, en particulier de ce qui est en train de disparaître.

Sept nouvelles, sept belles histoires, toutes différentes, toutes porteuses de messages, de tendresse, d’amour mais aussi d’espoir pour ne pas oublier que la vie est précieuse, tout comme notre planète et même si nous ne sommes que de passage, en prenant soin des uns et des autres, en s’unissant il est encore possible de sauver notre terre d’accueil.

Indices des feux, des nouvelles du feu de Dieu, les clés du Paradis pour ne pas connaître l’enfer.

Pour info :

Antoine Desjardins est né au Québec. Il est enseignant et écrivain.

Indice des feux est son premier livre.

Je remercie Masse critique Babelio et les éditions de la peuplade pour ces nouvelles pleine d’humanité aussi inspirantes que réconfortantes.

Milkman

Milkman dAnna Burns aux éditions Joëlle Losfeld

Traduit de l’anglais (Irlande) par Jakuta Alikavazovic

Si tout comme moi, vous ne vous attardez pas sur la quatrième de couverture, faisant entièrement confiance à la ligne éditoriale de Joëlle Losfeld, vous risquerez d’être un peu décontenancé au début de votre lecture, mais très vite vous ferez le lien avec la nationalité de l’auteure qui nous offre à sa manière un roman sur le conflit nord – irlandandais qui a sévit dans son pays dans les années 1970.

“ À cette époque, dans cet endroit, quand il était question des problèmes politiques, qui incluaient des bombes, des armes, des morts et des mutilations, les gens ordinaires disaient « c’est leur côté qui l’a fait », ou « c’est le nôtre », ou « c’est leur religion qui l’a fait » ou « c’est notre religion qui l’a fait », ou « c’est eux qui l’ont fait », ou « c’est nous», alors que ce qu’on voulait vraiment dire c’était « les défenseurs -de-l’État l’ont fait » ou « les renonçants l’ont fait » ou « l’État l’a fait ». ”

Avec ses mots et d’une manière tout à fait originale et surprenante, une jeune adolescente qui se présente par le qualificatif de « sœur du milieu » nous présente son histoire.

Tellement de noms sont interdits dans son pays qu’elle choisit de nommer à sa façon les protagonistes qui entrent en scène page après page.

“ Le couple en charge de la liste des noms interdits dans notre district ne les avait pas choisis, ces noms. C’était l’esprit de la communauté, remontant à des temps anciens, qui jugeait quels prénoms étaient autorisés, quels autres non. Les gardiens de la liste bannie étaient deux, un clerc et une clerc, qui cataloguaient , régulaient et la mettaient fréquemment à jour, se montrant efficaces dans leur clergie même si la communauté les jugeaient limite aberrants mentalement. ”

« Sœur du milieu » est une grande lectrice qui lit en marchant et de ce fait attise une certaine méfiance d’autant plus qu’elle est poursuivie par les assiduités d’un certain Milkman qui est lui-même sous haute surveillance.

“ « C’est louche, pervers, d’une détermination obstinée, a dit plus ancienne amie. Ce n’est pas comme si, amie , a-t-elle poursuivi, on était dans le cas de figure de quelqu’un qui jette un coup de d’œil au journal en marchant pour lire la manchette ou je ne sais quoi. C’est ta façon de le faire – de lire des livres, des livres entiers, en prenant des notes , en consultant les notes de bas de page, en soulignant des passages comme si tu étais à un bureau où je ne sais quoi […] C’est dérangeant. C’est déviant. ”

Dans un contexte où les commérages vont bon train, où les indiscrétions et les cancans pullulent les rues, il lui est bien difficile de garder secrète sa relation avec « peut-être petit ami», se retrouvant malgré elle au cœur d’une rumeur.

C’était nous l’ennemi, c’étaient nous les terroristes , des terroristes civils, des complices de terroristes ou simplement des individus soupçonnés d’en être mais pas encore démasqués comme tels. Tel étant le cas, et le cas entendu d’un côté comme de l’autre, les seules fois où on appelait les flics dans mon secteur, c’était pour leur tirer dessus, et naturellement ils le savaient bien et ne se déplaçaient pas. ”

Dans cette ambiance violente, en pleine guerre civile où il ne fait pas bon d’attirer les regards, « Sœur du milieu » harcelée, tente de sortir de ce piège et d’oublier cette rumeur qui hante sa vie à travers ses lectures et la course à pied.

Une lecture exigeante pour une écriture et un style extraordinaire qui vous fera forcément sortir des sentiers battus et vous demandera une attention particulière mais qui au final vous laissera perplexe.

Il faut être curieux, accepter d’être bousculé, pour découvrir à votre tour ce fabuleux roman, terriblement atypique qui a remporté en 2018 le Man Booker Prize, le Orwell Prize for fiction et le National Book Critics’ Circle Award en 2019.

Pour info :

Anna Burns, née en 1962 à Belfast, est une écrivaine nord-irlandaise. Elle s’installe d’abord à Londres en 1987, puis dans le Sussex de l’Est.

Anna Burns a grandi à Belfast, pendant la période des Troubles, un conflit qui va durer pendant trois décennies dans la province britannique. S’inspirant de son expérience, elle dédie plusieurs romans à cette thématique.

Son premier roman, No Bones, est le récit de la vie d’une jeune fille qui grandit à Belfast durant le conflit nord-irlandais.

En octobre 2018, l’écrivaine remporte le prestigieux prix Booker pour son roman Milkman, une fiction sur la guerre civile, en Irlande du Nord. Le livre relate la violence militaire mais aussi sociale au travers du regard d’une jeune fille de 18 ans, confrontée au harcèlement d’un homme beaucoup plus âgé qu’elle qui appartient à une milice paramilitaire catholique.

Elle devient la première romancière Nord-Irlandaise à remporter ce prix.

Je remercie les Éditions Joëlle Losfeld pour cet roman atypique extraordinaire.

Le vallon des lucioles

Le vallon des lucioles d’Isla Morley aux Éditions du Seuil

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Emmanuelle Aronson

“ Lorsqu’elle surgit devant la fenêtre, il sursaute ; si elle est aussi surprise que lui, elle n’en laisse rien paraître. Dans la lueur de l’aube, une grâce iridescente émane d’elle. Un gris-bleu chatoyant. On la dirait faite de nacre. Ses longs cheveux auburn sont attachés avec un foulard et ses traits sont d’une incroyable précision. […] – Je suis juste bleue, monsieur. C’est tout. ”

Dans le Kentucky au cours de l’année 1937, Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographes et journalistes sont envoyés dans le cadre du New Deal pour réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.

À peine arrivés, dans le village, il s’avère qu’une rumeur circule et les pousse à s’aventurer au cœur de la forêt pour en vérifier l’exactitude et pourquoi pas en faire un reportage.

Pourtant prévenus par la médisance des villageois, ce qu’ils découvrent est une véritable surprise qui va changer à jamais la vie de Clay.

“ Ce n’est pas seulement elle qu’il photographie, c’est l’effet qu’elle produit sur lui. Lorsqu’il l’a prend en photo contemplant le soleil qui glisse sous la bande de nuages tel un rouleau de corde lumineux se déployant sur la prairie, il a lui aussi l’impression que la lumière le transperce. Lorsqu’il la prend en photo penchée sur sa chaussure dont la bouche est défaite, il sent se libérer quelque chose en lui et, chaque fois qu’elle le regarde, c’est comme si elle passait la main à travers l’objectif, contraignant le diaphragme à s’ouvrir, et laissait l’empreinte de ses doigts sur le cœur de Havens. Photographie après photographie, il la laisse faire. Ce qu’il immortalise, c’est elle en train de s’emparer de son cœur. Et la voilà qui s’assied, la voleuse, riant et rejetant ses cheveux en arrière, son cœur sur les genoux.

À travers l’objectif de l’appareil de Clay, apparaît Jubilee Buford, une jeune femme splendide, fascinante, troublante, irrésistible.

Le reportage prévu prend une tournure imprévisible. Une histoire étonnante prends vie jour après jour qui sera émaillée de passion, mais aussi de discorde, devant faire face aux racismes et aux préjugés dans cette société américaine.

“ – Tu sais ce que je préfère dans la photo noir et blanc ? C’est que les couleurs n’entrent pas en ligne de compte. Parce que si c’est le bleu que tu cherches à voir absolument, tu t’arrêtes à ça, et c’est tout. Tu rates ce qui fait qu’une personne te ressemble ou est différente de toi ; tu rates ce qui la rend unique. ”

Ce que j’en dis :

Décidément, les Appalaches semblent regorgées d’histoires aussi insolites que bouleversantes.

Dans ce coin reculé de l’Amérique où vit une population défavorisée, la pauvreté gangrène ces lieux pourtant magnifiques.

New Deal devait justement permettre grâce à son programme d’entrer en guerre contre la pauvreté grâce aux clichés des photographes, censés aider les américains à s’unir pour améliorer les conditions de vie des habitants de cette région.

À travers cette histoire tirée de faits réels, nos deux photographes voient leur mission prendre un autre chemin en découvrant pendant leur périple une famille hors norme sujette hélas à de nombreux préjugés qui entraînent face à l’ignorance une nouvelle forme de violence et de racisme.

Tout comme Clay, le photographe je suis tombée sous le charme de cet endroit et de cette famille, avec une tendresse particulière pour Jubilee.

Bien plus qu’une histoire d’amour, ce récit est une véritable ode à la nature tout en nous confrontant à l’intolérance liée à l’ignorance et entraînant du racisme toujours très présent aux États-Unis sous différentes formes.

Si comme moi vous aviez succombé aux charmes du roman de Delia Owens : là où chantent les écrevisses, ma chronique ici il se pourrait bien que Le vallon des lucioles vous emporte pour un beau voyage en terre Appalaches.

Une belle histoire qui ne peut laisser indifférent et permet de lever le voile sur une particularité très peu connue : la méthémoglobinémie.

Une très belle découverte grâce à Masse Critique Babelio, que je remercie au passage pour cette proposition de lecture fidèle à mes goûts littéraires.

Pour info :

Isla Morley a grandi en Afrique du Sud pendant l’apartheid, l’enfant d’un père britannique et d’une mère sud-africaine de quatrième génération.

Elle est diplômée de l’Université Nelson Mandela Metropolitan de Port Elizabeth avec un diplôme en littérature anglaise.


En se mariant avec un Américain, elle est partie en Californie.
A présent, elle vit dans la région de Los Angeles.


Son premier roman « Come Sunday » lui a valu le Prix Janet Heldinger de fiction, en 2009.

Le vallon des lucioles est son premier roman à paraître en France.

L’île invisible

L’île invisible de Francisco Suniaga aux éditions Asphalte

Traduit de l’espagnol (Venezuela) par Marta Martinez Valls

“ […] Margarita , l’île de l’utopie, le seul endroit de la planète où tout le monde commande et personne n’obéit. “

Lorsque Edeltraud Kreutzer, originaire de Düsseldorf débarque sur l’île Margarita pour une quinzaine de jours, ce n’est hélas pas pour un séjour d’agrément mais pour tenter de découvrir ce qui est arrivé à son fils Wolfgang, retrouvé noyé sur la plage près du bar dont il était propriétaire.

« Oui, je me souviens très bien de ce qui est arrivé à votre fils et, croyez-moi, je l’ai beaucoup regretté. Cela s’est produit sur une plage dangereuse, où malheureusement de nombreux baigneurs se sont déjà noyés, y compris quelques Allemands, dit-il sans empêcher ses mots ressemblent à une vaine consolation. ”

Sur place, elle fait appel à un avocat pour l’aider dans ses démarches.

Dans ce décor paradisiaque, où l’on vit avec nonchalance, certains s’adonnent à la corruption pendant que d’autres organisent des combats de coqs, dont Wolfgang était devenu accro.

L’enquête se poursuit dans cette jungle tropicale sur cette île invisible du Venezuela envoûtant au passage les nouveaux lecteurs .

Ce que j’en dis :

Les éditions Asphalte ont eu la bonne idée de rééditer ce roman paru une première fois en 2013.

Il rencontre un immense succès au Venezuela, véritable best-seller, le livre en est à sa treizième édition.

Ce roman exotique nous fait voyager entre ici et ailleurs, entre passé et présent bien loin des ambiances de cartes postales, dévoilant son intrigue au rythme de l’île.

Ce roman absolument passionnant nous envoûte dès les premières pages. Au cœur de cette île qui semble à première vue paradisiaque, on va vite découvrir l’envers du décor, face à une violence sauvage qui pousse certains à la folie.

Les insulaires semblent aussi perdus sur cette île, que l’île elle-même face à une bureaucratie défaillante, ils sont vite oubliés et deviennent vite invisibles.

Un délicieux cocktail caribéen, doux, rafraîchissant tout en étant pimenté, mettant tous vos sens en éveil.

Une très belle surprise de cette rentrée, un roman latino-américain à découvrir absolument.

Pour info :

Né en 1954 à La Asuncion, Francisco Suniaga enseigne le droit international à l’université centrale de Caracas jusqu’en 2006.

En parallèle, il est chroniqueur pour des journaux du pays, notamment pour El Nacional.

En 2005, il publie son premier roman L’Île invisible, qui connaît un énorme succès au Venezuela. Il y raconte l’histoire d’un homme qui perd son fils sur l’île de Margarita et fait appel à l’avocat José Alberto Benitez pour comprendre les circonstances de sa mort.

Le roman est traduit en français et publié aux éditions Asphalte en 2013.

L’auteur a publié deux romans depuis.

Je remercie les Éditions Asphalte pour ce voyage qui sort des sentiers battus.

Devenir quelqu’un

Devenir quelqu’un de Willy Vlautin aux Éditions Albin Michel

Collection Terres d’Amérique

Traduit de l’américain par Hélène Fournier

“ Horace attrapa un vieux cahier posé sur une étagère à côté du lit. Sur la première page, on pouvait lire « Journal des Mauvais Rêves » écrit au stylo bleu. Le jeune homme tourna une demie-douzaine de pages et s’arrêta à celle qui était intitulée « Abandonné à Tonopah ». Il avait tracé dessus trente-deux petits bâtons, et il en ajouta un trente-troisième. Puis, en bas d’une des dernières pages, qui était quasiment remplie, il nota la date du jour et écrivit ce qu’il avait déjà écrit la veille et l’avant-veille : « Je vais devenir quelqu’un. » ”

Horace a vingt ans. Il est moitié Irlandais, moitié indien païute. Il vit et travail dans le ranch des Reese, dans le Nevada. Abandonné très jeune par ses parents, les Reese sont devenus plus ou moins sa famille de substitution. Ce couple âgé le considère comme leur fils et veille sur lui tout comme il veille sur eux.

Seulement, Horace est passionné de boxe, et rêve de devenir un champion. Écartelé entre ses origines indiennes et blanches, il se cherche, s’interroge jusqu’au jour où il décide de tout quitter pour partir vers le sud, à la poursuite de son rêve avec le désir de Devenir quelqu’un.

Malgré la force de ses poings, saurait-il faire face à l’inconnu, à la solitude et à certaines rencontres bienveillantes et d’autres hypocrites même si parfois l’espoir lui permet de toujours se relever. Jusqu’où est-il prêt à aller pour Devenir quelqu’un ?

Ce que j’en dis :

Tout comme dans son précédent roman La route sauvage (Ma chronique ici), tenant très certainement du fait que l’auteur est très attaché à son grand-père, il met en scène un jeune homme assez écorché par la vie et un couple d’anciens, bienveillants et protecteurs.

Horace, ce jeune métis amérindien cherche désespérément à prouver qu’il peut à travers son rêve devenir quelqu’un, lui qui manque cruellement d’assurance. Tandis que ce couple confronté à la crise économique en plus de la vieillesse ne rêve que de transmettre leur ranch à ce jeune rêveur.

À travers ce trio, où l’auteur confronte les générations on découvre des personnages combatifs, profondément humains qui poursuivent leur route entre désillusion et optimisme.

Willy Vlautin, est écrivain mais également musicien folk, rien d’étonnant à ce que ce récit résonne comme un blues poignant et triste où pointent des notes d’espoir.

Quelqu’un de bien nous met un coup de poing en plein cœur et nous laisse K.O à la dernière page, en regrettant secrètement un dernier round, une dernière note, un dernier souhait, un nouveau rêve avant de quitter le ring.

Sous sa plume, les gens ordinaires deviennent de véritables héros.

Si un jour Willy Vlautin a rêvé de Devenir quelqu’un, qu’il soit rassuré, il est un formidable écrivain, incontournable dans le paysage littéraire américain.

Pour info :

Rencontre au festival America en 2016

Né en 1967 à Reno, Nevada, Willy Vlautin est l’auteur de Motel Life(2006), Plein nord (2010) et Ballade pour Leroy (2016), La route sauvage (2018) tous publiés chez Albin Michel, quatre romans dont trois ont déjà été portés à l’écran.

Il est également auteur-compositeur et chanteur du groupe folk-rock Richmond Fontaine.

Devenir quelqu’un est son cinquième roman.

Je remercie Albin Michel pour cet uppercut littéraire bouleversant.

Tant qu’il reste des îles

Tant qu’il reste des îles de Martin Dumont aux éditions Les Avrils

“ – Attend Léni, t’es d’accord avec lui ? Tu défends le pont maintenant ?

J’ai soupiré en expliquant que non, moi aussi j’étais contre, mais ça ne servait à rien d’en discuter des heures. Ça faisait des mois qu’on ne parlait que de ça. Au bar, au supermarché, même dans la rue chaque fois qu’on se croisait. Depuis que les barreaux et la plateforme de forage avaient envahi la baie. Le pont, le pont, le pont. Tout le monde n’avait que ce mot à la bouche. ”

Rien d’étonnant à ce qu’on ne parle que de ça sur l’île. Le pont déjà baptisé le monstre ne peut pas passer inaperçu. Il commence déjà par défigurer le paysage en s’incrustant jour après jour, on ne risque pas de l’oublier.

Et évidemment, pas encore terminé qu’il divise déjà les îliens.

“ Oui, tout le monde pouvait trouver un intérêt au pont, une bonne raison de le voir apparaître. La question, c’était plutôt de savoir ce qu’on voulait vraiment. Les sacrifices qu’on était prêt à faire pour préserver son territoire.

Quand même, a murmuré Gauthier, tu te rends compte de ce qu’on est en train de vivre ? […]

– Quoi ? La construction d’un pont ?

Il a souri tristement en détournant les yeux.

– Non, les derniers jours d’une île… ”

Léni vit sur l’île. Il y est resté même séparé de sa femme et par le fait de sa fille qu’il ne voit qu’un week-end sur deux.

Il répare les bateaux sur le chantier de Marcel, et s’évade en naviguant sur un Fireball. Comme beaucoup il s’interroge. Il l’aime son île même s’il se rend bien compte que l’économie insulaire s’essouffle.

Mais il est également conscient que certains changements sont nécessaires pour lui mais aussi pour la survie des îliens.

C’est vrai qu’elle a du charme cette île, pas étonnant qu’ils y tiennent tous et restent prêt à tout pour défendre leur territoire.

C’est pas rien, une île. C’est un truc magique, un endroit d’où tu peux pas te barrer comme ça, juste sur un coup de tête. Une île, ça se mérite. ”

Ce que j’en dis :

Qu’il fut bon de débarquer sur cette île, même en pleine tourmente, car très vite on se met à la place de ces îliens attachés à leur île. Comme une mère envers ses petits, l’instinct protecteur est ancré en eux, on touche pas à l’île, on la protège des invasions qui pourrait la détruire.

Difficile, d’accepter de partager un endroit si beau, si paisible même s’ils sont conscients qu’un nouveau souffle serait le bienvenu pour aider l’économie. Mais le changement fait peur, d’autres avant eux ont perdu leurs îles quand les colons ont débarqué, il y a de quoi s’inquiéter…

Martin Dumont nous offre un voyage magnifique chargé d’émotion et empli d’humanité.

À travers sa plume toute en délicatesse, on navigue entre les pages avec Léni, un homme assez introverti qui aimerait pourtant s’ouvrir davantage aux autres. Peut-être que le pont est la solution, un passage entre ici et ailleurs. Bien sûr, il n’est pas à l’abri de faire quelques vagues, tout comme ce pont.

C’est l’histoire d’une île qui possède une charme fou, habitée par des gens incroyables, très attachés à elle et qui l’aiment de bien des façons.

Une île, un pont, peut-être le début de belles histoires d’amour et d’amitié entre îliens et continentaux, tout est possible Tant qu’il reste des îles.

Pour info :

Martin Dumont travaille comme architecte naval.

Il a passé son adolescence à Rennes où il s’est épris de l’océan et de la voile.

Il a longtemps vécu en Bretagne, le décor de son premier roman, « Le chien de Schrödinger », paru en 2018 chez Delcourt.

Tant qu’il reste des îles est son deuxième qui fait son entrée dans la collection Les avrils des éditions Delcourt.

Les Avrils :

Des romans, des récits, des auteur·ice·s de langue française. Des enthousiasmes littéraires. Des histoires d’aujourd’hui. Une ligne sélective mais toujours généreuse. Une collection de littérature contemporaine portée avec conviction au côté de tou·te·s ceux·elles qui font la vie du livre. Voici Les Avrils.

Sandrine Thévenet est éditrice depuis vingt ans et a révélé des auteur·ice·s de premier plan. Elle a formé Lola Nicolle qui à son tour est devenue éditrice accomplie et autrice. En 2020, elles créent Les Avrils au sein du groupe Delcourt grâce à Guy Delcourt et Anne-France Hubau.

Les jardins d’éden

Les jardins d’éden de Pierre Pelot à la Série noire chez Gallimard

“ Bien entendu tu es content d’être sorti du fracas. Sauf que tu en traînes toujours des lambeaux avec toi, que l’échappée prend son temps, la garce, qu’on dirait bien n’en avoir jamais vraiment fini avec elle, au fond. ”

Jip Sand est de retour à Paradis dans la ville de son enfance. Il revient de loin, après avoir vaincu son cancer avec l’impatience de revoir enfin sa fille. Mais Annie dite Na reste introuvable.

“ Les temps changent JIP. T’es ressuscité des morts, mais t’es journaliste, non ? ”

Dans le passé, Manuella, l’amie de Na avait été retrouvé sans vie dans les bois. Jip n’avait pas chercher à élucider cette mort étrange mais cette fois c’est sa fille qui a disparu.

[…] Pourquoi personne n’a cherché à comprendre ce qui lui était arrivé, à Manu, hein ? Ce qui lui était arrivé vraiment ? Pourquoi ça a été classé vite fait par tout le monde et même les flics au rayon des faits divers de rôdeurs, des putains de chiens écrasés, hein ? Et ça aussi je suis sûr que tu le sais très bien. ”

Au fil des saisons, entre ses souvenirs brumeux et le présent assez flou, Jip part à la recherche de sa fille, réveillant jour après jour le passé et certaines vérités plus douloureuses et plus mortelles que certaines maladies. Sa rémission prend des chemins de traverse bien sinueux pour atteindre la rédemption.

“ Tu la tiens, ton histoire, mon vieux. Tu la connais, maintenant. […] Sauf que bien sûr c’est la réalité, c’est vrai, mais tu n’y peux pas croire. Pas crédible. Incroyable. ”

Ce que j’en dis :

Pierre Pelot sort de sa retraite pour faire une entrée remarquable à la série noire chez Gallimard. On se demande d’ailleurs bien pourquoi ils ont attendu si longtemps pour lui dérouler le tapis rouge, car il y a indéniablement sa place, c’est certain. Et c’est pas la chauvine qui parle mais la lectrice fidèle à l’auteur et à la maison d’édition.

Dans un style qui n’appartient qu’à lui, à travers une langue riche sculptée au cordeau, il tisse son histoire, mettant en scène des âmes écorchées dans une nature éclatante et sauvage.

Une lecture qui demande une attention particulière, le temps d’apprivoiser cette écriture riche et envoûtante pour l’apprécier à sa juste valeur. Un voyage entre passé et présent, indispensable pour dénouer le fil de cette histoire,

Les jardins d’Eden nous plonge dans la mémoire d’un homme qui tente de réparer les erreurs du passé et cherche la rédemption auprès de sa fille qui a malheureusement disparue.

À Paradis, certaines portes cachent l’enfer et certains secrets de village peuvent conduire direct au purgatoire.

La Bête des Vosges (comme on dit par chez moi) a bien fait de sortir de sa tanière pour nous embarquer vers son Jardin d’Eden. Si sombre soit-il, il n’en demeure pas moins extraordinaire et suis même sûre que notre cher Bachri aurait été de cet avis et serait encore bien capable de râler de là-haut s’il n’obtient pas le rôle de Jip, pour l’adaptation ciné à titre posthume.

On peut toujours rêver…

Pour info :

Pierre Pelot est un auteur vosgien né en 1945.

Il a écrit près de deux cents romans dans les genres les plus divers, de la science-fiction au thriller, en passant par le western et la littérature générale, dont beaucoup ont été traduits dans plus de vingt langues.

Avec des œuvres telles que Delirium Circus ou La Guerre olympique, il est l’un des meilleurs auteurs de SF française. En compagnie d’Yves Coppens, il a signé Le Rêve de Lucy et Sous le vent du monde.

Son Été en pente douce a été adapté au cinéma avec le succès que l’on sait.