L’ange rouge

L’ange rouge de François Médéline aux Éditions de La Manufacture de livres

“ La croix était fixée à l’horizontale. Une croix en bois brut, clair. Les quartes flambeaux étaient cloués à la coque. La mort se mélangeait à l’air chargé de vase et de rivière. Je me suis agrippé à la croix. J’ai effleuré les tibias. J’ai fait deux pas chassés pour longer les fils verts. Les fils verts remontaient les cuisses jusqu’à l’abdomen. Ils étaient pâles, assortis à la peau rigide que j’ai devinée froide sous le latex. […] L’orchidée flottait. J’ai discerné son cœur qui pompait le sang des chevilles à vif grâce à des tiges aériennes aux couleurs de l’espérance. ”

À Lyon, à la tombée de la nuit surgit sur la Saône, un radeau tout illuminé par une croix où un corps mutilé y est crucifié.

Une orchidée orne le cadavre donnant à cette mise en scène un côté artistique assez macabre.

Le crucifié de la Saône devient le nouveau défi de commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle.

La ville n’a jamais été face à un crime aussi horrible et aussi spectaculaire.

“ Nous avions hérité de l’affaire du siècle. Mon affaire. Le tueur aux orchidées. Le crucifié de la Saône. ”

Pas de temps à perdre, ni le temps de s’attarder sur les problèmes avec la hiérarchie, si l’équipe des six enquêteurs veut mettre la main sur ce tueur fou. Certaines règles et même certaines convictions devront être mises de côtés s’ils veulent obtenir des résultats rapidement.

Une véritable course contre la montre est en route, à en perdre le souffle.

Un seul objectif : trouver ce tueur, si possible avant qu’il récidive.

Ce que j’en dis :

J’ai entendu dire que François Médéline serait le descendant français de l’américain James Ellroy qui m’attend patiemment dans ma bibliothèque. Du coup ça me donne très envie de le dépoussiérer maintenant que j’ai enfin découvert la plume extraordinaire de Médéline.

Lui qui a tué Jupiter (fallait oser quand même) dans un de ses romans (que j’ai très envie de lire maintenant) n’est autre que le scénariste de Pike de Benjamin Whitmer en cours d’adaptation cinématographique (un de mes chouchous américains qui rêvent de se débarrasser lui aussi de son clown peroxydé) c’est dingue ces coïncidences tout de même.

En attendant découvrons L’ange rouge …

D’entrée l’auteur t’amène dans le vif du sujet et te débarque sur cette scène mortelle. Te voilà piégée, menottée à ce flic écorché vif que tu ne pourras plus quitter avant le final.

Rien n’est laissé au hasard, et c’est sous une tension extrême et permanente que Lyon cette ville lumière profanée par cette sombre histoire va t’offrir une visite très particulière avec pour guide Dubak et son équipe de fin limier, prêts à tout pour mettre fin à cette barbarie, qui entache le décor.

Avec un style puissant, des personnages réalistes barrés juste comme il faut qui portent l’histoire à bout de bras en vrai héros, dans cette ville qui tient son rôle à merveille, François Médéline nous offre du noir dans toute sa splendeur.

Un polar de haut vol, puissant, brillant et ambitieux qui rejoint la grande famille des auteurs incontournables du noir.

L’ange rouge vous offre un voyage où les âmes perdues atteindront un jour l’au-delà après quelques détours dans cet abime emplit de noirceur.

C’est publié à la Manufacture et c’est vivement recommandé par Dealerdelignes…

Un bouquin pareil ça se refuse pas, ça se savoure…

Et pour ma part, j’ai hâte de de découvrir les précédents maintenant que je connais cette plume prodigieuse.

Pour info :

Né en 1977 dans la région lyonnaise, François Médéline émigre à Romans-sur-Isère à 11 ans pour y faire son apprentissage du rugby, du grec ancien et de l’amitié.

Durant son doctorat, il est chargé d’études et de recherches à Science Po Lyon, spécialisé en sociologie politique et en linguistique. Il vit et mange politique durant dix ans comme conseiller, plume, directeur de cabinet et directeur de la communication de divers élus. Il aime la belote coinchée, ramasser des champignons en Lozère, pêcher des perches au bord du lac Léman et sa famille.

Il n’écrirait pas s’il n’avait pas lu James Ellroy.

Il apprécie particulièrement les ambiances malsaines de David Lynch, le lyrisme parfois potache de Sergio Leone, La Naissance de Vénus de Boticelli et l’album Ssssh de Ten Years After.

Il est le scénariste de l’adaptation cinématographique du roman Pike de Benjamin Whitmer paru chez Gallmeister. Il a traversé l’océan Atlantique Nord à la voile, se consacre à l’écriture, s’occupe d’enfants dans une école de rugby et n’a pas vraiment de domicile fixe.

Je remercie l’agence Trames et les Éditions de la Manufacture de livres pour cette plongée fascinante où la noirceur nourrit ces pages avec un style hallucinant.

Larmes de fond

Larmes de fond de Pierre Pouchairet aux Éditions Filature(s)

“ C’est à cause de, ou grâce à, l’informatique que tout est arrivé. Ça a commencé par la rencontre d’un client à qui il a vendu un serveur destiné à abriter un site un peu spécial que, par pudeur, Yvonnick n’a jamais osé qualifier de facho, bien que les idées véhiculées y soient nauséabondes. Sa première tentation a été d’y injecter un virus et c’est ce qu’il a fait. La semaine suivante, son acheteur l’appelait au secours. Il s’était promis de lui faire un doigt d’honneur et de l’envoyer paître… Sauf qu’il ne l’a pas fait, pour une raison assez simple et qui a le don de faire tomber beaucoup de principes, surtout les siens : l’argent. ”

Yvonnick est un véritable geek, et comme sa boutique de dépannage informatique rapporte peu, pour arrondir les fins de mois il rends parfois quelques services. C’est comme ça qu’il a sympathisé avec le diable, apportant en plus son savoir faire en plongée sous-marine.

Lorsque Jean de Frecourt, un homme d’affaires semble porté disparu, Yvonnick se retrouve également dans la ligne de mire de Léanne commandante de police.

C’est avec sa sœur également commande de police, qu’elle va œuvrer pour résoudre cette étrange affaire où un important trafic de drogue semble lié à des magouilles politiques.

“ Voilà qui donne un tour nouveau à cette affaire, du rififi chez les Bourges. ”

Il est temps de découvrir ce qui relie ces deux hommes et surtout d’y mettre un terme.

Ce que j’en dis :

Si Pierre Pouchairet, ancien commandant de police, spécialiste de la lutte contre le crime organisé , menait ses enquêtes avec le même soin que dans ce récit, il a dû mettre un sacré paquet de criminels derrière les barreaux.

Si le Quai des orfèvres a perdu un fin limier, la littérature policière a gagné un orfèvre en écriture.

En mettant son expérience de terrain dans ses romans, il nous offre à travers ce nouveau polar, un récit rythmé, passionnant, réaliste avec des personnages féminins haut en couleur, tout en nous faisant profiter de sa région, où se passe notamment cette histoire.

Que ce soit l’enquête, les personnages, le lieu, son implication en matière de justice est sans failles.

Pierre Pouchairet signe bien plus qu’un grand polar, il nous entraîne dans une course infernale contre le mal et nous confronte à la pire espèce humaine, tout en rendant hommage à son ancien métier en mettant en scène deux femmes qui n’ont rien à envier à l’élite masculine.

Sur le Quai Quimpérois, l’écrivain veille, prêt à dégainer sa plume aux services des lecteurs friands de polar de haut vol.

Ne laissez pas Larmes de fond prendre le large avant d’y plonger votre regard, mais laissez vous embarquer à bord, et laissez-vous porter contre vent et marée dans cette aventure sous haute pression. Un palier après l’autre, cette plongée bluffante vous coupera le souffle.

À découvrir absolument.

Pour info :

Pierre Pouchairet, né en 1957, est un écrivain français, auteur de romans policiers.
Après une jeunesse dans le Berry, Pierre Pouchairet a intégré l’école des inspecteurs de police de Cannes Écluse en 1980.

De 1981 à 1987, il est affecté au sein de la brigade criminelle de la Police Judiciaire de Versailles. En 1987, il rejoint l’antenne de Nice de la Police Judiciaire de Marseille, où il y reste jusqu’en 1998 en tant que chef d’un groupe chargé de la lutte contre le trafic de drogue.

Cette époque a le plus marqué sa vie professionnelle.
De 1998 à 2012, il est envoyé pour plusieurs missions dans le monde (Afghanistan, Liban, etc.) notamment comme commandant en chef et attaché de sécurité intérieure.

En 2012, ayant la possibilité de solliciter sa mise en retraite il demande à bénéficier de ses droits pour rejoindre sa femme en poste à Naplouse en Cisjordanie.
Il se consacre alors à l’écriture.

Dans son premier roman, Des Flics français à Kaboul(Editions La boîte à Pandore), il relate son temps passé en Afghanistan.

Puis il écrit un premier polar très autobiographique Coke d’Azur (Editions Ovadia, épuisé). Il signe chez Jigal un premier roman : Une terre pas si sainte dont l’action se passe en grande partie en Israël, puis La Filière afghane où il fait une part belle à ses souvenirs afghans. Des écrits où réalité et fiction s’entremêlent. Son troisième livre, A l’ombre des patriarches, poursuite des aventures de Maïssa, policière palestinienne et de Guy et Dany, flics israéliens, suivra en février 2015.
Avec son quatrième roman, Mortels Trafics, publié en 2016, il est lauréat du prix du Quai des Orfèvres 2017.

Puis La prophétie de Langley obtient le prix du polar Michel Lebrun en 2017.

Aventures en Bretagne :

D’une rencontre avec Jean Failler, le créateur du « polar breton », naît l’idée d’une série policière ayant pour cadre principal la Bretagne. C’est ainsi que sort en juin 2018 chez l’éditeur Palémon, Haines, le premier volume d’une série mettant en scène un groupe de trois rockeuses quadras célibataires.

La série marque le retour de Léanne Vallauri (la personnage principale de Mortels Trafics), devenue chef de la PJ de Brest où elle retrouve deux amies de jeunesse : Élodie, médecin légiste et Vanessa, psychologue judiciaire. D’autres aventures suivront : La Cage de l’albatros, L’assassin qui aimait Paul Bloas, Avec le chat pour témoin.

L’actualité en toile de fond :

La série bretonne n’empêche pas l’auteur de poursuivre l’écriture de romans ancrés dans l’actualité. C’est le cas de Tuez les tous… mais pas ici, sorti chez Plon en mars 2018, qui relate, sur un fond de machination d’État, le départ de jeunes, attirés par les filières djihadistes, et de Larmes de Fond, dont la sortie est prévue en mai 2020 aux éditions Filature(s) Dargaud.

Je remercie Olivia et les Éditions Finitude(s) pour cette enquête sous haute tension

Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant

Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant de Jung Jaehan aux Éditions Matin Calme

Traduit du Coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier

Dans le quartier Yeonnam de Séoul, dans une grande maison de trouve le « Sanctuaire du beau gosse ».

Pour le rencontrer, il vous faudra être armée de patience. Son carnet de rendez-vous est blindé, tant sa réputation est immense.

Cet homme Chamane posséderait une don pour répondre à vos attentes et au passage vous délester d’un paquet de Wons.

Est-ce un charlatan ou un petit malin qui profite de là naïveté des Coréens ?

C’est certainement la question que s’est posée Han Ye-eun une jeune inspectrice du commissariat de Mapo lorsqu’elle tombe sur lui lors une enquête criminelle.

“ Han-jun roule des mécaniques. Ye-eun glousse.

– Vous charriez. Au fond, vous aussi, vous êtes un bel escroc. Votre numéro divination n’est vous sert qu’à vider les poches de vos clients, non ?

Escroc me parait un terme un peu fort. Je me contente de leur apporter mon aide afin de remettre leur vie sur de bons rails. Après tout, je suis bien plus efficace que tous ces psys qui ne jurent que par Freud.

Escroc, pas escroc, le débat se poursuit ainsi un bon moment. ”

Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus, prenez plutôt rendez-vous avec le beau gosse ce chamane arnaqueur, qui cache dans sa garde-robe un costume d’enquêteur au grand cœur, et découvrez à votre tour son histoire.

Ce que j’en dis :

Alors il est comment ce nouveau menu coréen ? Traditionnel ou plutôt exotique ?

Plutôt exotique avec en bonus quelques traditions coréennes.

Et le beau gosse, tu le trouves comment ?

– Tu sais, moi, suis plutôt branchée américain, mais il a du charme c’est certain.

Donc tu ne vois pas d’inconvénient si je lui cours après chez mon libraire ?

Mais carrément, car c’est clair que tu risques de prendre ton pied avec ce beau gosse, le menu est à la hauteur de toutes tes espérances. Intriguant, drôle, attachant, bien rythmé et plein de surprises avec ce petit côté exotique qui donne une saveur incomparable. Et si l’auteure tient ses promesses, on aura droit à de nouvelles aventures, alors tu vois la vie est belle chez matin calme, toujours au top pour varier nos plaisirs littéraires.

– Alors je réserve de suite ce menu très attrayant, et vous chers lecteurs, vous allez craquer pour fondre de plaisir ?

Une chose est certaine, aussi savoureux soit-il ce menu ne vous fera pas grossir, alors ne vous en privez pas.

Pour info :

Jeune autrice, Jung Jae-han a publié plusieurs textes sur internet dont un a reçu le prix Kakao du roman en ligne. Jung Jae-han appartient à cette nouvelle vague de web-auteurs feuilletonistes qui réinventent le roman contemporain.à savoir

Jouant sur des héros archétypiques dignes d’une série Z, son écriture hyper réaliste, un roman qui va crescendo d’un rebondissement au suivant. Un livre clairement taillé pour le cinéma et dont les droits ont été acquis par AD406 (The Chase, A hard day, Witness…).

Je remercie l’agence Trames et les Éditions Matin Calme pour ce délicieux menu coréen en charmante compagnie .

Ennemi public N°1

Ennemi public N°1 d’Alvin Karpis aux Éditions de La Manufacture de livres

Traduit de l’anglais (USA) par Janine Hérisson

Profession ? Gangster, braqueur, kidnappeur. Et j’étais sacrément bon à ça, peut-être le meilleur d’Amérique du Nord. Et ça pendant cinq ans, de 1931 à 1936. Non, je n’essaie pas de flatter mon ego quand j’utilise le mot de « professionnel ». Ce business est vraiment devenu mon vrai métier parce que c’est comme ça que je l’ai abordé : en professionnel. “

Dans les années 30, il était bien plus simple de devenir un truand, et cela en faisait rêver plus d’un, rendant d’un coup plus accessible le rêve américain.

Les nouvelles technologies dont nous disposons désormais étaient inexistantes à l’époque et le FBI devait bien souvent jouer au chat et à la souris avec les hors-la-loi.

On peut dire qu’ Alvin Karpis leur a donner du fil à retordre, lui qui rêvait depuis tout gamin de liberté, d’argent facile, d’aventures, n’a pas boudé son plaisir. Une fois capable de tenir une arme, il fit ses premiers pas de criminel devenant braqueur, kidnappeur, en obtenant très vite le statut d’ennemi public N°1.

Un titre qu’il sera le premier à obtenir dans l’histoire de la criminalité et le seul qui n’y laissera pas sa peau.

Voici son histoire.

Ce que j’en dis :

Pour qui s’intéresse à toute l’Histoire criminelle des États-Unis ne pourra faire l’impasse sur ce récit autobiographique d’Alvin Karpis , l’un des plus grands truands de l’histoire, aux côtés d’Al Capone, Bonnie & Clyde, Baby Face Nelson…

Paru une première fois en 1972 à la Série Noire, et jusqu’à ce jour épuisé, cette nouvelle traduction entièrement révisée, nous offre l’occasion de nous replonger dans l’univers de ces bandits de grand chemin, une belle époque pour ces gangsters notoires.

Un récit où l’on se sentirait presque coupable d’admirer cette bande de criminels qui réussissaient à déjouer le FBI en s’en mettant au passage plein les poches, pour mener la grande vie.

Et comme tout est vrai, c’est plutôt épatant.

C’est à redécouvrir dès maintenant à La Manufacture de livres.

Pour info :

Né en 1907 au Canada, Alvin Karpis devînt dans les années 1930 aux États-Unis le tristement célèbre leader du Gang Barker-Karpis, l’une des plus redoutable association de gangsters de l’époque. Il sévit jusqu’à 1936, date de son arrestation et deviendra le prisonnier d’état ayant effectué le plus long séjour à Alcatraz. Relâché en 1969, il écrira son autobiographie avant de s’exiler en Espagne où il mourra dans des circonstances troubles en 1979.

La proie

La proie de Deon Meyer aux Éditions Gallimard / série noire

Traduit de l’Afrikaans par Georges Lory

« J’ai appris une chose sur ce pays, Vaughn. Ça ne va jamais aussi mal qu’on le craint. Et ça ne va jamais aussi bien qu’on le voudrait. Il y a eu un moment où moi aussi j’ai failli perdre tout courage. Il me semblait que tout allait mal… la roue tourne. Les choses vont s’améliorer, Vaughn. Un jour ou l’autre. Pas au point d’aller danser dans les rues. Mais ça ira mieux. »

Le Cap, Afrique du Sud.

C’est ici que je fais la rencontre Benny Griessel et Vaughn Cupido, deux membres de la brigade des Hawks.

Le corps sans vie d’un ancien membre de leurs services, qui était devenu consultant en protection personnelle, vient d’être retrouvé. Apparemment il a été jeté par la fenêtre du train le plus luxueux du monde, le Rovos.

Griessel et Cupido ne vont rien lâcher malgré la pression en haut lieu, et tout mettre en œuvre pour trouver le meurtrier, car pour eux ça ne fait aucun doute, il s’agit bien d’un meurtre.

Au même moment à Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, s’est construit une nouvelle vie tranquille assez clandestine, souhaitant oublier son passé. Tout se passait plutôt bien, jusqu’à l’apparition d’une ancienne connaissance qui vient lui demander un service…

Embarqué contre son gré, il se retrouve très vite dans une nouvelle mission avec à ses trousse des Russes, et les services secrets sud-africains.

Seulement sa proie est déjà dans sa ligne de mire, la traque peut se poursuivre.

Ce que j’en dis :

Comment se débarrasser même fictivement d’un être indésirable de son pays ? Peut-être en écrivant un roman…

Deon Meyer, s’est certainement fait plaisir et a peut-être régler à sa manière quelques comptes face à la corruption qui fait rage dans son pays.

À travers ce roman. Il nous dépeint l’Afrique du Sud gangrenée par la misère, les meurtres, les complots, la perversion, les trafics à travers une double intrigue qui franchit les frontières, nous montrant à quel point la violence est partout, et bien souvent sous le contrôle des gouvernements, là où des hommes de l’ombre agissent à leurs places.

Fortement attaché à son pays et révulsé de constater à quel point il se dégrade, Deon Meyer nous offre un thriller politique haletant, puissant avec un côté hyper réaliste plutôt effrayant.

” – Nous avons un très gros soucis. Tout le département du renseignement criminel de la police nationale est corrompue et compromis. Il ne fait pas de doute que le procureur général est un homme corrompu et compromis. Que notre ministre de l’intérieur est un homme corrompu et compromis, et qu’il en va de même pour le président de la République. Corrompu et compromis par trois criminels indiens qui se font passer pour des hommes d’affaires. Je ne suis pas certaine au sujet du directeur général de la police, mais il suit les ordres de son ministre corrompu, il n’a plus aucune crédibilité. “

Mais en fait, sommes nous vraiment en Afrique du Sud ?

C’est à découvrir dès maintenant chez votre dealer de livres préféré.

Pour info :

Né en 1958 à Paarl, en Afrique du Sud, Deon Meyer a grandi dans une ville minière de la Province du Nord-Ouest.

Ancien journaliste, puis rédacteur publicitaire et stratège en positionnement Internet, il est aujourd’hui l’auteur unanimement reconnu de best-sellers traduits dans 15 pays.

Il vit à Melkbosstrand.

La fresque

La fresque d’Alain Siméon et Sandrine Zorn aux Éditions Lajouanie

Camille, debout devant sa fenêtre, porta son attention sur le terrain vague puis sur la fresque. Aujourd’hui, le mur décrépi était entièrement couvert, suggérant la fin de l’histoire. Elle la détailla, tour à tour séduite, interrogative et mal à l’aise. L’expression du tourment y était criante. La violence explosait, accentuée par l’omniprésence du rouge carmin. Elle était trop loin pour saisir toutes les subtilités. Néanmoins, son intérêt était suffisant pour qu’elle se soit à plusieurs reprises introduite sur le chantier pour en observer les détails. Elle avait photographié sa progression. Par contre, jamais elle n’avait vu l’auteur. (…) Depuis peu, des objets étaient apparus, essentiellement des bijoux, comme des éléments significatifs… Mais de quoi ? “

Après avoir réussi à percer les secrets de Mitragyna, Camille Jeanson, la jeune chercheuse est devenue présidente d’une association écologique.

Depuis son bureau, soir après soir, elle suit la progression d’une œuvre artistique taguée par un inconnu plein de talent.

Plus elle l’observe, plus elle a l’impression que cette magnifique fresque cache un message.

De son côté, le capitaine Silas Kravinsky est toujours à la recherche de l’assassin de sa femme.

Quand à son tour, il découvre la fresque, et y aperçoit certains éléments, son sang ne fait qu’un tour. Il est temps de rouvrir cette enquête inachevée et mettre fin à tant d’incertitudes.

Même si Camille vient d’être sollicitée pour enquêter au sein d’un grand quotidien, Silas sait qu’il pourra compter sur son aide.

” Silas n’en croyait pas ses yeux, les événements récompensaient enfin sa ténacité. Tout ce fatras d’affaires révélait finalement des liaisons. De longues années de veille et le chasseur trouvait une trace à suivre, récompensant la patience et l’obstination. “

Ce que j’en dis :

Il est désormais certain que ces deux têtes bien pensantes se sont bien trouvées et ils nous le prouvent avec ce deuxième polar contemporain et sociétal absolument réussi.

Toujours d’une grande maîtrise dans l’écriture et la construction, se servant d’une manière très originale d’un graff, ils nous offrent une nouvelle aventure en compagnie du duo rencontré dans leur premier roman, Camille et Silas.

Camille est cette fois plus posée, mais toujours un brin rebelle et toujours aussi déterminée, prête à tout pour que la vérité éclate au grand jour. Quand à Silas, la zone d’ombre de son passé s’éclaircit et on découvre un homme plus fragile derrière sa carapace d’homme de loi.

Sans le savoir au départ, ce duo va se retrouver au cœur de deux affaires qui semblent liées entre elles.

Mais chut, gardons le suspens pour les futurs lecteurs dont vous ferez partie évidemment.

Tout comme notre duo d’écrivains, ces deux là font la paire, je m’y suis attachée forcément et j’ attend leur prochaine affaire avec impatience

Alors cet été, rajoutez La fresque à votre sélection de lecture estivale, vous verrez ce récit est extra mais pas que…

Pour info :

Sandrine Zorn évolue dans le domaine de l’agriculture. Elle travaille et réside à Metz. Alain Siméon est enseignant et chef d’entreprise. Il habite Troyes. 

Ils se sont connus sur les bancs de l’uni­versité et se sont découverts une passion commune, la littérature policière. Depuis ils se retrouvent régulièrement sur les salons. C’est lors d’une manifestation consacrée au polar qu’ils ont décidé de se lancer dans l’écriture d’un roman à quatre mains.

La fresque est leur deuxième roman.

Je remercie les Éditions Lajouanie pour cette formidable nouvelle enquête.

Le portrait de la Traviata

Le portrait de la Traviata de Do Jinki aux Éditions Matin Calme

Traduit du Coréen par Kyungran Chol et Delphine Bourgoin

” Une femme et un homme ont été assassinés à l’arme blanche. Leurs corps ont été retrouvés dans l’appartement de la jeune femme. Tous deux étaient presque des inconnus l’un pour l’autre. “

Voilà comment démarre cette histoire, une double mort dans un appartement au premier étage d’un immeuble. Se sont-ils entretués ?

” (…) D’après moi, le mobile d’un crime est plus important que la méthode utilisée ou les indices relevés. Une fois qu’on l’ a établi, il ne reste plus qu’à dérouler le fil pour trouver le coupable. “

Ou alors une tierce personne ? Mais alors qui est le coupable ? Le concierge peut-être ? Ou le petit ami d’une des victimes ?

 » – Ce meurtre est un véritable travail d’orfèvre. Nous allons devoir faire preuve à notre tour d’une grande imagination et nous montrer à la hauteur de son génie. “

Pour Lee Yuhyeon, cette affaire est pleine de mystère et l’aide précieuse de l’avocat Gojin, baptisé l’avocat de l’ombre sera la bienvenue.

” Lee Yuhyeon a l’impression que le brouillard se dissipe. Le lieu du crime, les indices, les dépositions des témoins… Le puzzle prend forme. “

Un véritable jeu de piste pour trouver le véritable meurtrier commence, les interrogatoires s’enchaînent car ils sont nombreux en fin de compte à avoir une bonne raison d’avoir commis ce double meurtre.

Ce que j’en pense :

À peine commencé je me suis retrouvée au cœur d’un Cluedo coréen avec un avocat qui ressemblait étrangement à Colombo, toujours à fouiner partout, en posant des questions dérangeantes aux suspects et possédant un flair extraordinaire.

Il est clair que face à un tel cas de figure, l’enquête ne va pas être facile à résoudre.

Mais on peut compter sur la persévérance de ce duo, flic avocat pour obtenir satisfaction.

Tout comme ce double meurtre, ce roman bien ficelé, qui ne manque pas d’énigmes à résoudre, ravira tous les fans du jeu Cluedo, ou des enquêtes de la reine du crime Agatha Christie

Un nouveau menu à la sauce Coréenne qui s’ajoute à la carte des éditions Matin Calme.

Pour info :

Do Jinki a 48 ans. Depuis vingt ans, il est juge au tribunal du district nord de Séoul. À quarante ans, il est devenu écrivain à succès de romans policiers. En 2010 son premier polar reçoit le Mystery Rookie Award de la Korean Mystery Artists Association. Il sera suivi par neuf autres romans policiers en deux séries parallèles, l’une mettant en scène l’avocat Gojin, l’autre le juge Djingi. En 2014, il obtient le Koreen Mystery literary Award pour son long-métrage, Thé. Statof Judas. Ses romans sont notamment traduit en Chine et quatre de ses livres ont été vendus à des sociétés de production faisant la part belle aux rebondissements. Ses fans l’ont baptisé le « John Grisham de Corée».

Je remercie les Éditions Matin Calme et l’agence Trames pour ce nouveau menu Coréen qui ne manque pas d’énigmes.

Marseille 73

Marseille 73 de Dominique Manotti aux Éditions Équinox / Les Arénes

1973. Grasse, charmante cité provençale, ses fleurs, ses parfums, ses trente mille habitants, et son petit milliers de travailleurs immigrés, souvent tunisiens, ouvriers agricoles, ouvriers du bâtiment, tous travailleurs au noir.

Durant l’automne 1972, le gouvernement français prends de nouvelles mesures à l’encontre des immigrés, résidents en France ou souhaitant y entrer. La circulaire Marcellin leur impose désormais d’être munis d’un contrat de travail et d’avoir un logement s’ils souhaitent bénéficier d’une carte de séjour afin d’éviter les expulsions prévues dès l’été 73.

À l’approche de l’échéance, Ordre nouveau, mouvement d’extrême droite, nationaliste et néofasciste, s’engouffre dans la brèche ouverte pat le gouvernement et lance, le 9 juin 1973, une campagne nationale « Halte à l’immigration sauvage ».

La France va alors connaître une vague d’assassinats. Des arabes, surtout des algériens, sont pris pour cible, notamment à Marseille, épicentre du terrorisme raciste.

Quelque chose de grave est en train de naître, qui porte un nom : le racisme.

Le jeune commissaire Daquin, bien d’être nommé à l’Évèché , l’hôtel de police de Marseille, est bien décidé à mettre un terme à cette violence, même s’il doit mettre au pilori certains collègues.

(…) Nous sommes confrontés ici à Marseille à une vague de terrorisme anti-immigrés maghrébins, dans le prolongement de la guerre d’Algerie, et sans doute dans le prolongement du terrorisme de l’OAS. Et apparemment, la consigne donnée à la police et à la justice est de regarder ailleurs. Cela ne peut pas être sans conséquence. Les répercussions seront lourdes sur la société, mais aussi sur le fonctionnement de nos services. Vous le savez aussi bien que moi.

Dans cette ville portuaire du sud de la France, cette histoire basée sur des faits réels, portée par la plume légendaire de Dominique Manotti nous fait découvrir cette tragédie à travers une enquête menée de main de maître, et fête le retour de notre héros, l’inspecteur Daquin.

Ce que j’en dis :

Il n’est jamais trop tard pour faire connaissance avec une belle plume retardée j’avoue par le côté polar politique qui m’effrayait et pourtant je ne regrette pas cette découverte, bien au contraire.

Pour sortir de mes zones de confort, c’est bien souvent comme pour le cinéma, il suffit que ce soit basée sur des faits réels, d’après une histoire vraie ou d’un fait historique pour que je sois attirée.

En 73, j’étais bien trop jeune pour me souvenir de ces tragiques événements mais grâce à ce récit et à travers cette enquête policière, brillamment menée mes lacunes sont comblées.

Car Dominique Manotti a fait de sacrés recherches en amont pour nous offrir ce roman d’une noirceur effrayante.

Tout comme certains auteurs, elle n’hésite pas à toucher certains points sensibles qui rappellent étrangement certains faits récents de notre actualité. Sous couvert de leur uniforme, il est vrai que certaines professions s’accordent quelques passes droits.

À travers ce roman, elle nous confronte à une terrible réalité et nous plonge au cœur même de la corruption policière gangrenée par le racisme.

Qu’ils soient du bon ou du mauvais côté, ses personnages interpellent, bouleversent, révulsent, aucun ne peut nous laisser indifférent.

Une écriture remarquable qui véhicule à travers une tension extrême une multitude d’émotions, qui en font un véritable page-Turner difficile à quitter et impossible à oublier.

Percutant, dérangeant, époustouflant, c’est à lire absolument.

Pour info :

Née en 1942, Dominique Manotti a enseigné à l’université l’histoire écono­mique contemporaine.

Autrefois militante politique et syndicale, elle publie à partir de 1995 une dizaine de romans noirs, dont trois mettant en scène le commissaire Daquin.

L’un de ces romans, Nos fantastiques années fric, a été adapté au cinéma sous le titre Une affaire d’État. Après Bien connu des services de police, Trophée 813 du Meilleur roman noir francophone en 2010, elle a reçu pour L’Honorable société, écrit avec DOA, le Grand Prix de Littérature policière 2011.

Ses livres sont traduits dans une dizaine de langues. Racket (ed. Les arènes, 2018) , Marseille 73 est son treizième roman.

Je remercie les Éditions Les Arénes pour ce récit bluffant.

Champ de tir

Champ de tir de Linwood Barclay aux Éditions Belfond

Traduit de l’anglais (Çanada) par Renaud Morin.

” L’inspecteur Barry Duckworth, de la police de Promise Falls, était à son bureau quand son téléphone sonna. Il décrocha le combiné d’un geste vif.

– Duckworth

– Bayliss à l’appareil

Trent Bayliss, le sergent préposé à l’accueil.

– Ouais ?

– J’ai un sacré spécimen ici, dit Bayliss, incapable de dissimuler son amusement.

– Qu’est-ce que vous racontez ?

– Le type s’est fait ramasser alors qu’il errait en ville. Il veut parler à un inspecteur. Je vous l’envoie. Il dit s’appeler, Brian Gaffney. Mais il n’a pas de papier sur lui.

– C’est quoi son histoire ?

– Mieux vaut qu’il vous raconte ça lui-même. Je ne voudrais pas gâcher votre plaisir, répondit Bayliss avant de raccrocher. “

L’inspecteur Duckworth de Promise Falls est à peine remis des derniers événements meurtriers survenus dernièrement dans sa ville, qu’il se retrouve chargé d’une étrange affaire.

Un jeune homme prétend avoir été enlevé, mais vu qu’il ne se souvient de rien c’est difficilement crédible. Mise à part l’étrange message indélébile trouvé sur son corps, aucun indice pour démarrer l’enquête. Ça ne va pas être simple.

De son côté, le détective privé Cal Weaver est sollicité pour protéger Jeremy Pilford, ce gosse de riche, arrogant, soupçonné d’avoir écrasé une jeune fille. Acquitté par le tribunal pour irresponsabilité, l’adolescent n’en demeure pas moins coupable aux yeux de certains qui n’hésitent pas à le lyncher sur les réseaux sociaux.

Il semblerait que des redresseurs de torts soient bien décidés à faire justice eux-mêmes. Mais ont-ils choisi les bonnes cibles, aveuglés par leur soif de vengeance ?

Décidément, ce n’est pas encore maintenant que Promise Falls pourra prétendre à nouveau à son statut de ville paisible.

Mais heureusement on peut compter sur l’inspecteur Duckworth et sur le détective Weaver pour lutter contre cette chasse aux sorcières des temps modernes.

Ce que j’en dis :

Depuis Fausses promesses, publié en 2018 suivi d’ En lieux sûrs en 2017, puis Faux amis en 2018 et Vraie folie en 2019, je suis les aventures de cette bourgade américaine avec attention, il faut dire que Linwood Barclay, fait bien son job pour accrocher le lecteur en gardant du suspens jusqu’à quasiment la dernière page et en remettant en scène ce duo flic/détective plutôt sympathique.

Un peu comme une série télé où chaque nouvelle saison t’entraîne vers de nouvelles affaires pleines de péripéties.

Ce dernier, Champ de tir est plutôt réussi, et j’ai même trouvé l’écriture plus soignée même si elle reste assez simple dans l’ensemble.

Le scénario tient la route et le suspens est maintenu à travers des chapitres courts où l’inspecteur et le détective interviennent à tour de rôle.

Donc, si vous avez accroché avec les précédents, ce petit dernier devrait vous plaire, et comme l’auteur est malin, même si les affaires sont bouclées, la fin ouverte laisse présager de nouvelles aventures.

À suivre…

Pour info :

Auteur de polars incontournable, Linwood Barclay a déjà publié seize romans chez Belfond, dont Cette nuit-là (2009) et sa trilogie consacrée à la ville fictive de Promise Falls – Fausses promesses (2018), Faux amis (2018) et Vraie folie (2019).

Tous sont repris chez J’ai lu.

Je remercie les Éditions Belfond pour cette lecture addictive.

Tuer le fils

Tuer le fils de Benoit Séverac aux Éditions de La manufacture de livres

Le scénario de son existence avait été monté à l’envers dès le départ. C’est le père qu’on aurait dû mettre derrière les barreaux quand Mathieu n’était encore qu’un enfant, avant qu’il soit trop tard pour tout le monde. Ça aurait évité à Matthieu de souffrir, à son père de mourir assassiné ; ça aurait fait gagner du temps à la police et aux tribunaux, économiser de l’argent aux contribuables. Seulement voilà, il aurait fallu que quelqu’un ait le courage de signaler les agissements d’un voisin ou d’un ami à la police. Il aurait fallu se dire que ça tournerait vinaigre, un jour ou l’autre et qu’il était encore temps de faire quelque chose. “

Les relations père fils sont bien souvent difficiles, d’autant plus quand le père élève seul son garçon et semble garder envers lui, une rancune tenace.

Le petit gars devient un jeune homme, élevé à la dure, par un père loin d’être aimant.

Alors un jour, Matthieu cherchant à prouver à son paternel qu’il était devenu un homme, commet l’irréparable, un meurtre inutile qui va le conduire direct derrière les barreaux pour quinze ans.

Entre ces murs, il rejoint un atelier d’écriture où il commence à écrire son histoire, encouragé par l’intervenant du cours, un écrivain assez connu.

Le lendemain de sa libération, son père est assassiné et Matthieu fait le coupable idéal.

Mais pour l’inspecteur Cėrisol chargé de l’enquête, rien n’est moins sûr. Il s’interroge et décide de creuser davantage pour comprendre ce qui aurait pu pousser un fils à tuer son père, si vraiment c’est le cas.

” – Ils se sont battus.

– Ça en a tout l’air.

– Ça ne veut pas dire qu’il l’a tué.

-Non, mais ça veut dire qu’il nous a menti en affirmant que son père ne l’avait pas laissé entrer.

Pour la première fois depuis le début de l’enquête, Cérisol sentait qu’ils tenaient quelque chose de palpable, que les fils se tissaient pour se resserrer sur le tueur au lieu de se multiplier. “

Ce que j’en dis :

Connaissant déjà la plume de l’auteur et l’appréciant fortement, c’est confiante que j’ai commencé ce nouveau roman et je n’étais qu’au début d’agréables surprises.

Une chose est certaine, l’auteur ne s’est pas endormi sur ses lauriers et son nouveau polar a grimpé un échelon en intensité, avec des personnages d’une densité surprenante et une histoire on ne peut plus réaliste.

Amis scénaristes vous devriez vous penchez sur cet écrit, au lieu de nous pondre des remakes à n’en plus finir.

Quand à vous, amis lecteurs, vous l’aurez compris, une fois plongée dans ce polar au suspens implacable, au cœur de cette relation père fils assez destructrice, aux côtés d’un flic épicurien et d’un écrivain manipulateur en manque d’inspiration, j’ai eu un mal fou à le lâcher. Mais hélas, chaque histoire a une fin, sans pour autant me laisser sur ma faim mais avec une certaine envie de retrouver l’inspecteur Cérisol pour un nouveau menu cinq étoiles au guide du polar. Je suis sûr que notre regretté Claude Mesplède aurait été d’accord avec moi.

Amoureux du noir c’est à votre tour de découvrir cette plume remarquable.

Pour info :

Benoît Séverac est auteur de romans et de nouvelles en littérature noire et policière adulte et jeunesse. Ses romans ont remporté de nombreux prix, certains ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre.
Ils font la part belle à un réalisme psychologique et une observation sensible du genre humain. Chez Benoît Séverac, ni bains de sang ni situations malsaines. L’enquête policière n’est souvent qu’un prétexte à une littérature traversée par des thèmes profonds et touchants, et une étude quasi naturaliste de notre société.

Dès qu’il le peut, il collabore à divers projets mêlant arts plastiques (calligraphie contemporaine, photographie) et littérature.

Dans le domaine cinématographique, il a participé à l’écriture du scénario de Caravane, un court métrage de Xavier Franchomme, et présenté trois documentaires sur France 3 dans la série Territoires Polars.

Par ailleurs, il enseigne l’anglais à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse ainsi qu’aux étudiants du Diplôme National d’Œnologie de Toulouse.
Il est dégustateur agréé par le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace, ex-Internal Assessor du Wine and Spirit Education Trust de Londres et membre du jury de dégustation Aval Qualité du Comité Interprofessionnel des Vins du Sud-Ouest.

Benoît Séverac est membre co-fondateur des Molars, association internationale des motards du polar qui compte plus de vingt membres représentants trois continents.

Benoît Séverac est curieux et touche-à-tout. Ainsi il a été tour à tour guitariste-chanteur dans un groupe punk, comédien amateur, travailleur agricole saisonnier, gardien de brebis sur le Larzac, restaurateur de monuments funéraires, vendeur de produits régionaux de luxe et de chambres « meublées » pour gros clients japonais, professeur de judo, photographe dans l’armée de l’air, serveur dans un restaurant italien en Angleterre, dégustateur de vins, conseiller municipal, président d’association périscolaire, clarinettiste dans un big band de jazz puis co-fondateur d’une fanfare rock-latino-jazz… Il compte bien que la liste ne s’arrêtera pas là.

Je remercie la Manufacture de livres et Camille de l’agence Trames pour cette enquête sucrée à la saveur amère, un vrai régal.