Point de fuite

Point de fuite d’Elizabeth Brundage aux Éditions La Table Ronde

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud

“ Dès la fin de la première semaine, tout le monde savait que Rye Adler avait ce truc en plus. Tout le monde voulait traîner avec lui. Savoir ce qu’il savait. Voir comme il voyait. Il n’avait pas trente ans, et déjà les gens qui comptaient le qualifiaient de visionnaire. ”

C’est à Philadelphie que Julian Ladd a fait la connaissance de Rye Adler, au sein de l’atelier Brodsky, une école réservée aux photographes qu’on espère les plus prometteur. Ils partageront un appartement en colocation et une amitié assez relative, Julian se retrouvant très vite dans l’ombre du talentueux Rye qu’il ne peut s’empêcher d’envier allant même jusqu’à lui enlever Magda, celle qui deviendra sa femme.

Lorsque Julian apprend la disparition de Rye, des années ont passé. Sans surprise, Rye était devenu un célèbre photographe alors que Julian doit se contenter d’un boulot dans la pub, et s’apprête à divorcer de Magda.

Si la nécrologie de Rye évoque un possible suicide, en l’absence de corps tout reste mystérieux.

Et lorsqu’aux funérailles Julian apprend que Magda avait repris contact avec Rye pour retrouver Theo, leur fils junkie, l’ombre de la jalousie refait surface, apportant dans son sillage les vieilles rancœurs mettant à jour les secrets du passé figés sur la pellicule.

Après Dans les angles morts ( Retrouvez ma chronique ici ) Elizabeth Brundage est de retour avec Point de fuite tout aussi réussi, porté par une plume toujours aussi singulière que l’on savoure avec plaisir.

Un roman polyphonique qui donne la voix à cinq protagonistes qui nous entraînent entre le passé et le présent sur les trace de Rye, qui semble être introuvable et pourtant présent partout, que ce soit en pensée, dans les souvenirs de chacun ou encore au hasard de certains chapitres qui nous aideront au fil des pages à retracer l’histoire de ces hommes et de ces femmes liés à jamais sans le savoir vraiment…

Dans l’objectif de l’auteure, la société américaine, ses dérives psychotiques, son besoin de paraître, et les ambitions de certains , les envieux, les jaloux, capables du pire pour réussir à briller ne serait-ce qu’un instant.

De magnifiques portraits, d’hommes et de femmes qui se retrouvent au pied du mur, face à leur existence habitée de faux-semblants comme les sourires factices sur une photo.

Des portraits, à l’image des photographies, pleins de mystères aux apparences trompeuses, qui se révèlent tel un album de souvenirs avec en plus une tension et un suspens permanent.

Point de fuite, y’a pas photo, faut le lire.

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