En attendant Dogo

En attendant Dogo de Jean-Bernard Pouy à la Noire de chez Gallimard

Parti, Dogo, évaporé, pas même un mot, je vais bien t’en fait pas, par exemple, pour sa sœur, plus qu’à sortir les petits mouchoirs ou alors prendre la route et le débusquer, car va bien falloir réussir à consoler les parents, complètement anéantis. Allez en voiture Simone, trouvons ce frère ingrat qui te laisse sans nouvelles.

Mais attention, trois guignols qui viennent de perdre leur théâtre dans un incendie partent également en croisade pour se venger et en profitent au passage pour commettre quelques actions politiques de plus en plus violentes.

Décidément, ce monde part en vrille et laisse peu de temps pour rêvasser. Heureusement qu’il nous reste la lecture…

“ […] l’État n’osait pas encore montrer ses biscotos pour déloger ces récupérateurs sauvages, même si tout le monde savait que ça ne durerait pas, dans les discours et déclarations, le mot anarchie était de plus en plus claquant, comme la menace des menaces, ça, au moins, ça n’avait pas changé, surtout qu’une partie du monde regardait ce théâtre d’opérations, inattendu, angoissant et passablement mortifère, une vraie pièce de Shakespeare interprétée par des punks no future, avec des spectateurs de plus en plus persuadés que quelque chose avait définitivement disparu avec l’épidémie, la crise, les grèves et les manifs, quelque chose comme le bonheur, la paix, les jours heureux, l’insouciance, le rire était devenu jaune. ”

Pas besoin de lire les journaux ou de subir certains discours pour connaître l’état des lieux de notre monde, il suffit de lire entre les lignes, l’écriture pleine d’esprit de Jean-Bernard Pouy.

L’avantage des écrivains, c’est qu’à travers leurs romans, ils passent parfois certains messages et Pouy ne s’en prive pas, bien au contraire. Rusé comme un renard, jouant avec les mots, il nous entraîne dans un monde à part tout en posant un regard très caustique sur certains faits de manière parfois détournée, comme le ferait un magicien avec malice mais une certaine pertinence.

Dans cette comédie satyrique, il pose un certain regard sur le changement, qu’il soit climatique ou politique. Une enquête qui prend des allures de manifeste et dénonce au passage pas mal de péchés capitaux…

Une lecture étrange qui fait doucement rire, donnant même au passage certains conseils pour les futures campagnes d’affichages électorales.

[…] Comme les élections étaient proches, dans tous les villages et toutes les villes de France, à l’entrée des bureaux de votes, les panneaux électoraux s’étalaient. Pour presque la majorité de ceux qui passaient devant, c’était la rigolade. D’abord, la gueule des postulants, généralement maquillés à la truelle, vêtus de bleu, horizon vosgien, costards et robes stricts, sourires figés mais toujours carnassiers. Ensuite, les promesses, réduites à quelques phrases chocs. Pour finir, quelquefois, une liste démentielle et surtout illisible de tout ce qui sera mis en œuvre, si le candidat venait à être miraculeusement élu.

En temps d’élections, ces panneaux sont un appel au street art, caricatures sauvages, moustaches rajoutées, des bites partout, commentaires rageurs ou drolatiques. Les partis politiques et autres devraient fournir les feutres, à ce tarif…

En attendant Dogo, ne nous a pas attendu pour faire son entrée en 2022 depuis le six janvier, très facile à trouver dans toutes les librairies.

Pensez-y, c’est bien mieux qu’une page d’infos, ici, ça Casse Texte…

Enfin vous m’avez compris, n’est-ce pas ? J’aurai au moins essayé.

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