Maikan

Maikan de Michel Jean aux Éditions Dépaysage

Audrey opte d’habitude pour des affaires qu’elle sait gagnées d’avance et qu’elle pourra mener rondement. Mais cette fois, en lisant un article du Globe and Mail de Toronto, elle est tombée sur une histoire qui l’a interpellé sans qu’elle ne sache pourquoi. Le journal racontait comment au début du XX° siècle, les jeunes Autochtones avaient été envoyés de force par le gouvernement canadien dans des établissements d’enseignement. Au lieu de les éduquer comme on l’avait promis aux parents, les pensionnats visaient plutôt à assimiler les enfants. Le journal expliquait ainsi que plus de cent cinquante mille membres des Premières Nations, Inuit et Métis avaient été arrachés à leurs familles, délibérément coupés de leur culture et soumis à une forme de lavage de cerveau. Dans ce que le Canada appelait les pensionnats autochtones, beaucoup d’enfants avaient subi des sévices, des agressions sexuelles. ”

Montréal, 2013.

Audrey est avocate, avec des tarifs plutôt exorbitants, mais parfois il est bon d’accepter des affaires plus charitables et de donner accès à la justice aux plus démunis, histoire de se donner bonne conscience. Alors après avoir été touchée par cet article qui revenait sur ces faits révoltants, et sur ce recours collectif qui était censé indemniser les anciens pensionnaires autochtones, elle décida de partir à la recherche de tous ces disparus qui ne réclamaient pas leur dû.

Un long parcours qui va la conduire jusqu’à une réserve isolée de la Basse-Côte-Nord sur les traces de Marie Nepton. Après une période longue et laborieuse, elle réussira à faire parler Marie, qui lui racontera toute l’histoire si douloureuse soit-elle du pensionnat de Fort George où elle fut conduite de force avec des milliers d’enfants autochtones où chaque jour on tenta de « tuer l’Indien dans l’enfant »

Fort George, 1936

“ Vivre à Fort Georges, c’est apprendre à survivre. ”

Michel Jean, issu de la communauté innue de Mashteuiatsh, et comme ses ancêtres, c’est un formidable conteur.

À travers cette histoire qui nous transporte entre passé et présent, de Montréal à Fort George, et nous révèle des faits historiques comme vous ne lirez jamais dans les livres d’Histoire, Michel Jean rends hommage à son peuple leur permettant de renaître comme précédemment dans son premier roman, où il nous confiait le destin de son arrière-grand-mère, une femme éprise de liberté contrainte à la sédentarité.

Une nouvelle histoire bouleversante, révoltante mais qu’il est nécessaire de connaître pour ne jamais oublier ces nations indiennes qui ont été privé de leurs terres puis de leurs identités, des vies à jamais détruites.

Que ce soit aux États-Unis ou au Canada comme ici, ce peuple n’a connu que souffrance depuis l’arrivée des colons, il y a des années. Mais grâce à l’amitié et un puissant amour certains survécurent et contribuèrent à lutter contre la barbarie.

Ne les oublions pas.

Pour Info :

Né à Alma en 1960, Michel Jean est issu de la communauté de Mashteuiatsh au Saguenay/Lac saint Jean au Québec.

Chef d’antenne, animateur, reporter d’enquête et écrivain innu, il détient une maîtrise en histoire de l’Université du Québec à Montréal et œuvre dans le milieu du journalisme depuis 1985.

Actif sur la scène littéraire, il codirige le recueil de nouvelles Pourquoi cours-tu comme ça ? (Stanké, 2014). Il fait également appel à dix autrices et auteurs des Premières Nations dans le cadre du collectif Amun (Stanké, 2016) qui sera réédité en France.

En 2017, il est membre du Jury du Prix du récit à Radio-Canada en 2017

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