Les ombres filantes

Les ombres filantes de Christian Guay- Poliquin aux Éditions La Peuplade

“ […] le X tracé au crayon de plomb, dans le méandre d’une rivière. Là où a été construit le camp de chasse de ma famille. Pour m’y rendre, je pensais en avoir pour deux semaines, trois tout au plus. Mes calculs étaient complètement farfelus. Ma lenteur est spectaculaire. Mes détours se multiplient. Je ne suis plus en mesure d’envisager quoi que ce soit. J’avance, chaque jour j’avance, c’est tout ce qui compte. ”

La panne électrique n’en finit plus et contraint cet homme à rejoindre sa famille qui s’est réfugiée dans leur camp de chasse.

Le monde est devenu hostile, et l’oblige à rester sur ses gardes et à ne faire confiance à personne.

“ Depuis la panne, tout a changé, mais les lois de la forêt perdurent. Soit on se montre pour défendre son territoire, soit on courbe l’échine et on passe son chemin. ”

En traversant ces contrées sauvages, il va faire une rencontre qui va chambouler sa vie. Lui, d’un naturel plutôt solidaire va s’attacher à un petit bonhomme plutôt insolent mais assez malin.

L’arrivée au camp leur laissera son lot de bonnes et de mauvaises surprises. L’organisation est bien rodée et chacun vaque à ses tâches qui lui sont attribuées.

Nous sommes un paquet de gestes, le jour. Et un bouquet de paroles, le soir. ”

Il faut pourtant rester vigilant, et faire face à certaines tensions au cœur du camp mais également aux alentours.

Et rêver à d’autres lieux et peut-être reprendre la route…

“ Il y a ceux qui partent et il y a ceux qui restent, remarque alors Herman en retenant son émotion. C’est comme ça. Chacun son fardeau. ”

En commençant “ les ombres filantes ” , dernier roman de Christian Guay-Poliquin, j’ai eu l’impression de poursuivre l’aventure commencée avec “ Le fil des kilomètres ”, son premier roman que j’ai eu la bonne idée de lire et été.

Quel bonheur de retrouver cette plume et cette ambiance de l’après catastrophe et de poursuivre l’errance de cet homme à travers cette forêt aussi mystérieuse qu’inquiétante.

Sans être un roman post apocalyptique mais y faisant allusion, l’histoire nous confronte à un avenir chaotique, où la majorité des gens fuient les villes et tentent d’atteindre les forêts, les campagnes, havres protecteurs qu’il faudra pourtant apprivoiser et protéger.

Une histoire qui en cette période pandémique n’est pas sans nous rappeler l’importance de l’entraide, de la solidarité, mais du danger qui nous guette quand survivre met en péril toute moralité.

Le temps s’écoule au fil des heures, puis au fil des jours laissant derrière lui Les ombres filantes.

Une belle aventure qu’il me plairait de poursuivre après cette envolée finale.

Pour info :

Né au Québec, Christian Guay-Poliquin est l’auteur du roman Le fil des kilomètres (2013) et du roman Le poids de la neige (2016), traduit en plus de quinze langues à travers le monde et récipiendaire de nombreux prix dont le prestigieux Prix du Gouverneur général du Canada.

Je remercie les Éditions de La Peuplade et l’agence Trames pour cette fabuleuse escapade livresque.

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