Villebasse

Villebasse d’Anna De Sandre aux Éditions de La Manufacture de livres

“ Il y avait, sur le chemin de Douceborde, Le Chien que Coline croisait parfois et qui, pour peu qu’on lui montrât un peu d’intérêt pour les bêtes – ce qui n’était pas son cas–, vous suivait du regard en souriant de toute sa gueule, assis sur l’herbe ou un tapis de feuilles, alors que son pelage crasseux, ses côtes apparentes et ses griffes cassées indiquaient qu’il était en souffrance, ou au moins négligé par son maître. […] Il se postait toujours au même endroit, ou en tout cas s’y tenait les fois où elle empruntait la voie bourbeuse qui traversait les champs de tournesols qui bordaient l’extérieur sud de Villebasse. ”

Au début de l’hiver, au cœur de la vallée, à Villebasse est apparu Le Chien, rejoignant l’étrangeté de cette lune bleue qui éclaire le ciel depuis quelques années.

“ La lune bleue était apparue quelques années auparavant au-dessus de Villebasse, à côté de la première lune. Les gens s’en étaient arrangés comme d’un changement de saison. ”

Indomptable, n’appartenant à personne, il ne fait que passer dans la vie de certains habitants, restant sur ses gardes, semblant chercher quelque chose, ou quelqu’un. Tantôt protecteur et tantôt justicier, dans cette ville sombre où chacun semble porter sa croix. Une ville pleine de désœuvrés, une vraie cours des miracles à l’échelle supérieure.

“ Il est bien difficile de remarquer que, chez certains, le cœur a la noirceur d’un charbon. Ils n’en savent parfois rien eux-mêmes, y compris quand l’occasion se présente de l’exprimer dans le délit où le crime. ”

Une ville où règne une certaine violence qui semble s’accentuer depuis ces étranges apparitions, et pourtant on n’a beau vouloir la quitter, on y revient toujours.

Anna de Sandre possède une plume remarquable s’harmonisant parfaitement à ce récit où la noirceur s’illumine sous la lune bleue de cette étrange ville, peu attirante voir même repoussante, qu’il semble pourtant difficile à fuir.

Tout comme cette ville, l’écriture de l’auteure semble nous posséder, nous entraînant au fil des pages au cœur de Villebasse, une ville où rôde Le Chien et où circulent une incroyable violence et une profonde tristesse.

Dans cet univers onirique, j’ai savouré cette plume singulière, pleine de charme et cette histoire étonnante habitée par la noirceur des âmes humaines capables du pire et rarement du meilleur ou alors du meilleur du pire.

Une nouvelle voix qui ravira comme moi les amoureux des plumes noires et des histoires qui sortent des sentiers battus.

Une des belles surprises de la rentrée.

Pour info :

Anna De Sandre vit en Occitanie où elle écrit des nouvelles et de la poésie qui ont été publiées aux éditions In8 et aux éditions Des Carnets du Dessert de Lune.

Elle est également l’autrice d’albums jeunesse publiés sous le pseudonyme d’Anne Pym aux éditions Gallimard et l’école des loisirs.

Elle anime régulièrement des ateliers d’écriture tout en étant libraire par intermittence.

Villebasse est son premier roman.

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