Okoalu

Okoalu de Véronique Sales aux Éditions Vendémiaire

Il en était sûr, à présent : il voulait demeurer là pour l’éternité. Il le dit à Ingvar dès le lendemain matin : il voulait rester là pour l’éternité. Mais, repondit Ingvar, ils ne savaient même pas où cela se trouvait, cet endroit où il comptait demeurer. Ils ne savaient pas si c’est une ile ou bien un continent, s’il était habité, s’il connaissait des ouragans, l’hiver, des séismes, des raz-de-marée ; il ne savait pas, avoua-t-il avec un peu d’embarras, si l’on pouvait vivre toute une vie en se nourrissant de goyaves et de fruits de l’arbre à pain.

Une petite vie suffirait, intervint Mildred. Sven et elle en avaient parlé, ils étaient d’accord, ils se contenteraient de peu de chose. ”

Avant d’échouer sur cette îles, ces quatre enfants de deux familles différentes étaient en route vers l’Amérique pour retrouver des parents qui ne leur ont jamais prêté grand intérêt.

Mais le sort en a décidé autrement.

En cours de vol, l’avion sombre dans l’océan pacifique.

Seuls rescapés du désastre, ils trouvent refuge sur l’île de l’archipel des Lau et tel Robinson Crusoé, ils apprennent à survivre, confrontés à la solitude avec pour seul réconfort leur soutien mutuel, et les souvenirs.

Les aînés avaient repris le dessus. Un peu d’admonestation flottait dans l’air, un peu de connivence aussi, toute nouvelle, entre les grands : il faudrait désormais, quoi qu’il arrive, prendre soin des petits, cela leur incomberait ; et sans que ce fût dit, Swen le pressentait, il s’agirait avant tout , c’était ce sur quoi ils ne transigeraient pas, de préserver Mildred. ”

Devenant de vrais sauvages, au cœur de la nature où ils demeureront plusieurs années.

Viendra plus tard la séparation avec un retour pour certains d’entre-eux.

Éloignés de leur famille respective, qui ne s’est guère occupée deux, ces enfants livrés à eux-mêmes une fois de plus, mais loin de toute civilisation réussissent à se prendre en charge, et avancent jour après jour, pas à pas, vers l’âge adulte.

Dans ce roman , Valérie Sales à travers une polyphonie surprenante explore différents thèmes qui permettent de comprendre comment ces enfants ont réussi à survivre, à commencer par les souvenirs familiaux plutôt douloureux liés au manque de sollicitude des parents, trouvant enfin sur cet île la possibilité d’y mettre un terme. Grâce à cette survivance, ils ont l’occasion de se libérer de certains poids du passé.

En mêlant souvenirs, contes aborigènes et légendes scandinaves, l’auteure nous entraîne dans une aventure inattendue où la nature omniprésente nous offre un dépaysement de toute beauté.

Une belle découverte de cette rentrée littéraire.

Je remercie les Éditions Vendémiaire et l’agence un livre à soi pour ce voyage littéraire étonnant.

Pour info :

Véronique Sales a publié plusieurs romans, parmi lesquels Un épisode remarquable dans la vie de Trevor Lessing (Éditions du Rocher, 2004), Le Livre de Pacha (Éditions du Revif, 2010) et Les Islandais (Pierre-Guillaume de Roux, 2011).

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