Devenir quelqu’un

Devenir quelqu’un de Willy Vlautin aux Éditions Albin Michel

Collection Terres d’Amérique

Traduit de l’américain par Hélène Fournier

“ Horace attrapa un vieux cahier posé sur une étagère à côté du lit. Sur la première page, on pouvait lire « Journal des Mauvais Rêves » écrit au stylo bleu. Le jeune homme tourna une demie-douzaine de pages et s’arrêta à celle qui était intitulée « Abandonné à Tonopah ». Il avait tracé dessus trente-deux petits bâtons, et il en ajouta un trente-troisième. Puis, en bas d’une des dernières pages, qui était quasiment remplie, il nota la date du jour et écrivit ce qu’il avait déjà écrit la veille et l’avant-veille : « Je vais devenir quelqu’un. » ”

Horace a vingt ans. Il est moitié Irlandais, moitié indien païute. Il vit et travail dans le ranch des Reese, dans le Nevada. Abandonné très jeune par ses parents, les Reese sont devenus plus ou moins sa famille de substitution. Ce couple âgé le considère comme leur fils et veille sur lui tout comme il veille sur eux.

Seulement, Horace est passionné de boxe, et rêve de devenir un champion. Écartelé entre ses origines indiennes et blanches, il se cherche, s’interroge jusqu’au jour où il décide de tout quitter pour partir vers le sud, à la poursuite de son rêve avec le désir de Devenir quelqu’un.

Malgré la force de ses poings, saurait-il faire face à l’inconnu, à la solitude et à certaines rencontres bienveillantes et d’autres hypocrites même si parfois l’espoir lui permet de toujours se relever. Jusqu’où est-il prêt à aller pour Devenir quelqu’un ?

Ce que j’en dis :

Tout comme dans son précédent roman La route sauvage (Ma chronique ici), tenant très certainement du fait que l’auteur est très attaché à son grand-père, il met en scène un jeune homme assez écorché par la vie et un couple d’anciens, bienveillants et protecteurs.

Horace, ce jeune métis amérindien cherche désespérément à prouver qu’il peut à travers son rêve devenir quelqu’un, lui qui manque cruellement d’assurance. Tandis que ce couple confronté à la crise économique en plus de la vieillesse ne rêve que de transmettre leur ranch à ce jeune rêveur.

À travers ce trio, où l’auteur confronte les générations on découvre des personnages combatifs, profondément humains qui poursuivent leur route entre désillusion et optimisme.

Willy Vlautin, est écrivain mais également musicien folk, rien d’étonnant à ce que ce récit résonne comme un blues poignant et triste où pointent des notes d’espoir.

Quelqu’un de bien nous met un coup de poing en plein cœur et nous laisse K.O à la dernière page, en regrettant secrètement un dernier round, une dernière note, un dernier souhait, un nouveau rêve avant de quitter le ring.

Sous sa plume, les gens ordinaires deviennent de véritables héros.

Si un jour Willy Vlautin a rêvé de Devenir quelqu’un, qu’il soit rassuré, il est un formidable écrivain, incontournable dans le paysage littéraire américain.

Pour info :

Rencontre au festival America en 2016

Né en 1967 à Reno, Nevada, Willy Vlautin est l’auteur de Motel Life(2006), Plein nord (2010) et Ballade pour Leroy (2016), La route sauvage (2018) tous publiés chez Albin Michel, quatre romans dont trois ont déjà été portés à l’écran.

Il est également auteur-compositeur et chanteur du groupe folk-rock Richmond Fontaine.

Devenir quelqu’un est son cinquième roman.

Je remercie Albin Michel pour cet uppercut littéraire bouleversant.

5 réflexions sur “Devenir quelqu’un

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