Le voleur de plumes

Le voleur de plumes de Kirk Wallace Johnson aux Éditions Marchialy

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Doug Headline

Avant le sac à main Hermès ou les hauts talons Louboutin, l’indicateur le plus pertinent de votre statut social était l’oiseau mort. Plus celui-ci se parait d’exotisme, plus son prix grimpait, et plus son prix était élevé, plus le statut conféré à son propriétaire augmentait. Dans l’un des télescopages les plus étranges entre l’homme et l’animal, les plumes aux couleurs vives des oiseaux mâles, dont le développement et l’évolution avaient servi à attirer l’attention des femelles plus ternes, devinrent l’objet des pires braconnages afin que les femmes puissent attirer les hommes et exhiber la hauteur de leur perchoir au sein de la société. Au bout de millions d’années d’évolution, les oiseaux étaient devenus trop beaux pour n’exister qu’au bénéfice leur propre espèce. ”

De tout temps, les oiseaux se sont fait plumer de leurs parures jusqu’à pour certains devenir des espèces en voie de disparition.

Tout commença avec Marie-Antoinette, qui bien avant de se faire couper la tête, lança la mode des plumes en arborant un bijou qui en était paré. Et le carnage ne fit que commencer au profit de la mode…

“ Dans l’un de ces appels à agir, lors d’une conférence Audubon à New-York en 1897 au musée national d’Histoire naturelle, l’ornithologue Frank Chapman évoqua les oiseaux de paradis entassés dans les ateliers de modistes : « Cet oiseau superbe est aujourd’hui presque éteint. Si la mode s’empare d’une espèce, celle-ci est condamnée. Seules les femmes détiennent le pouvoir de remédier à ce grand mal. »

Sans Alfred Russel Wallace un naturaliste peu connu du dix-neuvième siècle, qui ramena en Europe de ses expéditions une collection de spécimens rares, aux couleurs éclatantes, beaucoup auraient disparu à jamais et cette histoire n’aurait même pas vu le jour.

C’est en entendant parler de cette importante collection qui était conservée dans le musée d’Histoire naturelle de Tring en Angleterre que notre jeune musicien passionné par le montage de mouche pour la pêche décide d’organiser le plus grand vol du siècle en matière d’histoire naturelle.

« Vous avez dû être choqué quand vous l’avez appris, dis-je, faisant référence au vol.

– Le fait qu’un tel acte ait été commis ne me parait pas choquant du tout. Quand quelque chose est rare, les gens deviennent créatifs », répondit-il.

À son tour, Kirk Wallace entend parler de cette histoire pour la première fois, lors d’une partie de pêche à la mouche. Il fut fasciné par cette affaire, qui éveilla chez lui un vif intérêt avec une terrible envie d’en connaître davantage. Il commence alors une véritable enquête pour découvrir ce que sont devenus ces fameuses plumes, et part sur les traces de ces obsessionnels capables de tout mais surtout à n’importe quel prix, pour posséder la beauté rare que nous a offert si généreusement la nature.

Ce que j’en dis :

Avant de vous parler de ce formidable récit, permettez-moi de souligner la beauté du livre et le soin que les Éditions Marchialy y ont apporté pour nous offrir un objet livre de toute beauté. Que ce soit la couverture, la présentation, ou la typographie, tout est de qualité et rend ce livre encore plus précieux pour les bibliophiles.

À travers ce récit, l’auteur nous offre une enquête très approfondie sur le monde des oiseaux, qui par leur beauté ont suscité hélas tant de convoitises. Il retrace tout le parcours de ces oiseaux qui se retrouvent en premier lieu dans les musées d’Histoire naturelle, puis subissent un véritable trafic au bénéfice de la mode, pour finir un jour une fois encore plumé au profit des passionnés de pêche à la mouche.

Une histoire vraie, passionnante qui aborde de nombreux thèmes à travers les années, tels que le trafic d’animaux, la destruction de la faune au profit de la science et de la mode, la cupidité, l’obsession du paraître , l’addiction, le désir de posséder, qui entraînent inévitablement la disparition de certaines espèces.

Un récit fabuleux, captivant et authentique qui nous révèle l’un des plus grand vol du siècle en matière d’Histoire naturelle que je vous invite à découvrir de toute urgence.

Pour info :

Kirk W. Johnson est un auteur américain et fondateur de The List Project, une organisation à but non lucratif qui aide les réfugiés irakiens, qui travaillait auparavant pour le gouvernement américain pendant la guerre en Irak.

Il a été coordinateur régional de l’agence américaine pour le développement international pour la reconstruction de Fallujah en Irak en 2005.

Son travail a notamment été publié dans le New Yorker, le New York Times, le Washington Post, le Los Angeles Times, le Wall Street Journal et Foreign Policy.

Je remercie les Éditions Marchialy pour cette envolée littéraire de toute beauté.

2 réflexions sur “Le voleur de plumes

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