Qui sème le vent

Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld aux Éditions Buchet . Chastel

Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Daniel Cunin

” Malgré la douleur et la petite décharge électrique qui traverse mon corps, je réprime mes larmes. Pleurer sur mon sort et ne pas pleurer Matthies , ce ne serait pas juste. Il ne m’en coûte pas moins un sacré effort. Suis-je en train de devenir aussi fragile que le service de maman ? Va-t-il falloir qu’on m’enveloppe dans des journaux quand je me déplace au collège ? Montre-toi solide, je me chuchote à moi-même. Sois solide. “

Juste avant Noël, après avoir fait un vœux qui va par la suite lui apporter une montagne de chagrin et de culpabilité, Parka, une jeune fille de 10 ans perd son frère.

La vie n’était déjà pas facile à la ferme pour cette famille de paysans, protestante, stricte et pieuse, mais depuis ce drame tout semble partir à vau – l’eau.

Leur religion leur interdisant tout épanchement, cette famille perclus de douleur se renferme portant le deuil comme une malédiction qu’elle semble avoir méritée.

[…] le sourire de papa se dissout dans la peau de son visage jusqu’à tout à fait disparaître. Il y a des gens dont le sourire reste visible, y compris lorsque la tristesse les habite. Aucune main, on observe le phénomène inverse. Ils ont l’air triste y compris quand ils sourient, à croire qu’une main a posé demi-carré à la commissure de leurs lèvres puis tracé deux lignes obliques vers le bas.

– Les morts, on n’en parle pas, on se les remémore.

À travers la voix de Parka, nous plongeons au cœur de cette tragédie familiale, accompagnant jour après jour leurs souffrances.

” Entre mes cils, je zieute papa, il a les joues mouillées. S’agit-il de prier, non pour les produits de la nature, mais pour la récolte du village, c’est à dire pour que les enfants d’ici deviennent grands et forts ? Papa se rends compte qu’il ne s’intéresse guère à ses champs, qu’il en a même laissé un disparaître sous les eaux. En plus de nourriture et de vêtements, les enfants ont besoin d’attention. Ce que papa et maman semblent oublier de plus en plus. “

Ce que j’en dis :

Douloureuse est le premier mot qui me vient à l’esprit après cette lecture. Car si j’ai été admirative devant la plume de cette jeune auteure qui vient de recevoir l’international Booker Prize pour ce premier roman à l’âge de vingt-neuf ans, j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’attacher à ce récit habité par tant de désolation.

Terriblement anxiogène, cette histoire bouleversante m’a submergé de désespoir, et m’a lecture est devenue laborieuse, j’avais hâte de quitter cette famille tant leur chagrin m’envahissait insidieusement.

J’en ressors du coup quelque peu mitigée tout en étant consciente d’avoir entre les mains un roman atypique, rude, âpre, avec le pressentiment que Qui sème le vent récoltera de nombreux lauriers.

Difficile de disserter davantage, mais cette dose d’encre si noire soit-elle fera beaucoup parler d’elle c’est assuré.

Pour un premier roman c’est assez épatant.

Une jeune auteure qui possède une plume extraordinaire, très prometteuse, à suivre c’est certain.

Pour info :

Marieke Lucas Rijneveld, 29 ans, a grandi dans une famille protestante aux Pays-Bas, et vit aujourd’hui à Utrecht.

Ce prodige des lettres néerlandaises, célèbre pour ses recueils de poésie, travaille dans une ferme et se consacre à l’écriture.

Je remercie les Éditions Buchet.Chastel pour cette découverte surprenante.

3 réflexions sur “Qui sème le vent

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