Retour à Martha’s Vineyard

Retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo aux Éditions Quai Voltaire

Traduit de l’américain (États-Unis) par Jean Esch

” QUELLES ÉTAIENT LES CHANCES pour que ces trois-là se retrouvent dans la même résidence pour étudiants de première année à Minerva College, sur la côte du Connecticut ? Alors qu’il suffit d’arracher un seul fil de la trame de la destinée humaine pour que tout s’effiloche. D’un autre côté, les choses ont tendance s’effilocher quoi qu’il arrive. “

Martha’ s Vineyard, septembre 2015.

Lincoln Moser est de retour sur l’île. Quarante cinq ans plus tôt, dans cette maison familiale de Chilmark. il y avait passé avec deux de ses meilleurs amis, un long week-end.

L’étudiant qu’il était alors, a bien changé. Il est marié, père de six enfants et officie à Las Vegas en tant qu’agent immobilier.

Il a rendez-vous avec ses deux potes, pour qui ce qui sera peut-être le dernier moment à partager dans cet endroit dont il va peut-être se séparer.

Teddy Novak, toujours célibataire, devenu directeur d’une petite maison d’éditions de Syracuse sera le premier à le rejoindre, puis suivra Mickey Girardi, un éternel rocker, deux fois divorcé qui vit dorénavant à Cape Cod.

Ils se sont rencontrés à l’Université de Minerva, leurs origines bien plus modestes que la plupart des étudiants de cette fac huppée, les avaient rapproché.

Et même à l’époque ils ont pris des chemins différents, Lincoln se maria, Teddy entreprit des études religieuses et Mickey s’apprêtait à rejoindre le Vietnam, ils sont restés en contact.

Ce week-end leur donne l’occasion d’évoquer leurs souvenirs, et de se rappeler de celle qui manque à l’appel, celle dont ils étaient tous les trois amoureux, la belle Jacy Calloway, portée disparue depuis 1971, partie sans laisser de trace.

Les trois sexagénaires remontent la trame de leurs vies jusqu’à ce fameux soir où l’amour de leur jeunesse s’est évanouie dans la nature après leur dernier week-end ensemble sur l’île.

Un véritable jeu de piste au cœur de leurs mémoires qui va peut-être enfin résoudre quelques énigmes et leur apprendre à se connaître encore un peu plus.

Il n’est jamais trop tard…

Ce que j’en dis :

« Et m *** ! » comme le dit si bien le titre de sa dernière nouvelle, (à lire absolument) il n’y a pas à tergiverser, il assure toujours Richard Russo, et ce n’est pas parce que son pays est présidé par un usurpateur qu’il va changer son crayon de main et écrire beaucoup moins bien, la preuve avec son dernier roman absolument fabuleux.

Vingt-cinq ans ont passé depuis son premier roman : Un homme presque parfait, et une fois de plus il signe un grand roman, nous offrant toujours des personnages intimement touchants, profondément humains, à travers l’histoire de ces trois lascars qui se livrent et se délivrent des poids qui encombrent leurs vies, libérant leurs doutes, leurs interrogations, en allant petit à petit vers des révélations qui les conduiront forcément vers ce fameux soir où sans vraiment le savoir tout a basculé pour chacun d’entre eux.

Quarante-cinq années séparent ces deux week-end, une sacrée tranche de vie, et c’est avec beaucoup d’émotions et de justesse que Richard Russo nous conte cette histoire.

Terriblement accro à la littérature américaine depuis de nombreuses années, j’ai trouvé dans ce roman tout ce que j’aime. Que ce soit la plume absolument magnifique, les personnages terriblement attachants possédant chacun une part de mystère qui se révèle jour après jour, en passant par les liens d’amitié qui les unissent,sans oublier tous les autres thèmes abordés, allant des souvenirs aux amours de jeunesse, de la famille à cette foutue guerre du Vietnam, sans oublier les différentes classes sociales, tout ce qui fait d’une vie des destins improbables.

Serait-il devenu , Un homme presque parfait ? Et m*** ! Je crois bien que oui.

Une chose est certaine, ne jouez pas À malin, malin et demi, mettez plutôt sur votre Trajectoire de lecture ce Retour à Martha’s Vineyard, et Ailleurs, dans un coin de votre liste , ses autres romans et moi je garde Un rôle qui me convient, pour vous jeter Les sortilèges de cap Cod, afin que vous n’oubliez pas de lire ce grand auteur américain.

Vous voilà prévenus.

Pour info :

Né en 1949 aux États-Unis, Richard Russo a longtemps enseigné la littérature à l’université.

Il se consacre désormais à l’écriture de scénarios et de romans dans sa maison du Maine.

Tous ces livres sont publiés à Quai Voltaire.

Un homme presque parfait(1995), Un rôle qui me convient (1998), Le Déclin de l’empire Whiting (2002, Prix Pulitzer), Le Phare de Monhegan (2004), Quatre saisons à Mohawk (2005), Le Pont des Soupirs (2008), Les sortilèges du Cap Cod (2010) et Mohawk (2011). Ailleurs (2013, À malin, malin et demi (2016), Trajectoire (2018) Et m***! (2020).

Et ce dernier : Retour à Martha’s Vineyard (2020)

Richard, sa femme et Dealerdelignes

Je remercie infiniment les Éditions Quai Voltaire pour cette sublime excursion américaine.

3 réflexions sur “Retour à Martha’s Vineyard

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