Johannesburg

Johannesburg de Fiona Melrose aux Éditions La Table ronde

Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Cécile Arnaud

Le 6 décembre 2013, la ville de Johannesburg s’apprête à porter le deuil, le grand Nelson Mandela vient de s’éteindre.

Ce même jour, Gin de retour après une longue absence, prépare une fête d’anniversaire pour les quatre-vingt ans de sa mère. Mercy, l’employé de maison, l’aide à tout organiser, tout en surveillant l’agitation au-dehors.

A quelques rues de la demeure, le peuple commence à se rassembler pour rendre hommage à Madiba.

September, un jeune mendiant, récemment blessé par balle au cours d’une grève, fait comme chaque jour la manche à un carrefour avant d’aller manifester devant la mine qui l’employait.

” Johannesburg était la grande prêtresse de l’agitation permanente. Elle était bâtie sur l’or. Ce serait toujours une ville pionnière, une ville frontière, la ville des chercheurs et des négociants. Des conducteurs, des piétons, des coups frappés en permanence à la vitre de votre voiture, toc toc toc, par des vendeurs à la sauvette, des mendiants et des filous qui mimaient la faim, la misère et la déchéance, trahis par leurs baskets et les écouteurs, par les bosses en papiers qu’ils attachaient dans leur dos, parce qu’une bosse rapporte de l’argent, un dos voûté accompagné d’une boiterie encore plus. C’était toujours pareil. L’assaut d’exigences. “

Johannesburg bruisse de vie et de mort en ce jour de forte chaleur et de tension historique. En s’installant à New-York, Gin avait fuit l’Afrique du Sud et ses démons. En l’espace d’une journée elle n’a d’autre choix, que d’y replonger, tête la première…

” À l’instant où elle prononça ces mots, elle eut honte de son aigreur – le seul fait d’être ici, de retour parmi ces vieux tableaux, ces vieux sofas et bureaux, l’avait réveillée. Comme si son enfance était conservée dans un secrétaire et qu’il avait suffi de tourner la clé, comme elle l’avait fait la veille au soir en cherchant un stylo, pour libérer ce venin.

La porte de sa mère était fermée. “

Ce que j’en dis :

En novembre 2016, je découvrais la sublime plume de Fiona Melrose à travers son premier et magnifique roman Midwinter, (ma chronique ici), qui m’avait emporté dans le Sufflok auprès de Landyn Midwinter et de Vale, son fils.

Cette fois l’auteur rends à travers cette histoire, un bel hommage à Johannesburg, sa ville de naissance.

Autour de différents portraits, Johannesburg, personnage à part entière, nous charme par sa beauté et nous bouleverse par toute cette pauvreté omniprésente qui l’habite.

Alors que Midwinter nous offrait une histoire mettant en scène son père et son fils, Johannesburg nous emporte auprès d’une mère et de sa fille, chacune liées à cette ville où d’autres destins rejoignent ce duo en nous offrant une histoire extraordinaire.

Fiona Melrose possède une plume singulière, touchante, d’une grande maîtrise qui vous envoûtera, tel ce chant d’amour, véritable offrande à cette ville, sans oublier Virginia Woolf qui rôde avec bienveillance entre ces pages, appréciant très certainement le subtil hommage qui lui est rendu.

Un voyage livresque de toute beauté.

Pour info :

Née à Johannesburg, Fiona Melrose a eu plusieurs carrières, notamment dans l’analyse politique pour des O.N.G. et le secteur privé.

Elle vit aujourd’hui en Afrique du Sud. 

Midwinter a été sélectionné pour le Baileys Women’s Prize for Fiction 2017.

Je remercie les Éditions de La Table ronde pour ce voyage émouvant en Afrique du Sud.

4 réflexions sur “Johannesburg

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