“ La montagne vivante ”

La montagne vivante de Nan Shepherd aux Éditions Christian Bourgeois

Traduit de l’anglais par Marc Cholodenko

 » Me voici donc allongée sur le plateau, sous le cœur central de feu depuis lequel a été lancée cette masse grommelante et grinçante de roc plutonique, au-dessus de moi l’air bleu, et entre le feu du rocher et le feu du soleil, les éboulis, le sol et l’eau, la mousse, l’herbe, la fleur et l’arbre, les insectes, les oiseaux et les bêtes, le vent, la pluie et la neige – là montagne au complet. Lentement j’ai trouvé mon chemin à l’intérieur. “

Toute sa vie durant, Nan Shepherd (1893/1981) a arpenté les montagnes écossaises de Cairngorm, un endroit aux hivers rudes et aux conditions de vies assez précaires.

” Certains portent à ces lieux sauvages un amour fervent et ne demandent rien de mieux que d’y passer leur vie. Ceux-là héritent du savoir de leurs pères et parfois l’enrichissent. Les autres, rétifs à ces conditions primitives, pour qui il n’y a que sentimentalisme à les célébrer, s’en vont. “

À travers La montagne vivante l’auteure nous entraîne au cœur de ses pérégrinations, elle nous invite à découvrir la faune et la flore, la montagne enneigée, les rivières, partage avec nous ses méditations, et nous présente ses camarades d’un jour ou d’une vie croisés ici et là sur les chemins montagneux lors de ses explorations.

” (…) souvent la montagne se donne le plus complètement quand je n’ai pas de destination, quand je ne cherche pas un endroit particulier, quand je suis sortie rien que pour être avec la montagne comme on rend visite à un ami sans autre intention que d’être avec lui. “

Ce récit, écrit dans les années 1940, durant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, est resté dans un tiroir pendant trente ans avant d’être publié en Grande-Bretagne, il est aujourd’hui enfin traduit et publié en France.

San Shepherd a mené toute sa vie une quête, elle est allée à la recherche de la « nature essentielle » des Cairngorms. Cette quête l’a conduite vers l’écriture de ce récit de méditation sur la magnificence des montagnes et sur l’imaginaire du monde sauvage qui nous entoure.

Ce que j’en dis :

En publiant pour la première fois en Français  » La montagne vivante « , les Éditions Christian Bourgeois nous offre l’occasion de faire connaissance avec Nan Shepherd, véritable pionnière du Nature writing, un univers jusqu’à présent plutôt masculin, comme l’ont prouvé les textes, à l’époque, de Bruce Chatwin (En Pantagonie), John McPhee (En Alaska), Peter Matthiessen (Léopard des neiges), mais aussi J.A. Baker (Le Pélerin).

Nan Shepherd connaît bien sa montagne, et en est même amoureuse, de ce fait elle entre en communion parfaite avec elle et nous livre une véritable déclaration d’amour, un bel hommage à cette montagne qui lui a tant donné.

Son regard féminin, posé sur cette faune et cette flore mais également sur les paysages qui changent selon le temps et les saisons, l’entraîne vers de profondes méditations et nous offre un spectacle touchant et un bien-être extraordinaire.

Ce livre apaise telle une balade, il aspire au dépaysement, il nous fait voyager au cœur d’un endroit sauvage en compagnie d’une femme tantôt exploratrice et tantôt poétesse.

Elle nous ensorcelle, nous captive, et nous fait aimer cette montagne, si belle et pourtant si rude.

Tel un peintre qui nous laisserait une toile en souvenir, Nan Shepherd nous laisse un récit magnifique et inoubliable sur la nature et les paysages de Grande Bretagne.

Elle rejoint les écrivains qui grâce à leurs romans préservent à leurs manières toutes les richesses de notre planète, et nous offrent des voyages exceptionnels.

Amoureux de la nature, la montagne vivante vous attend pour une balade inoubliable.

Pour info :

Nan (Anna) Shepherd (1893/1981) était une auteure et poète moderniste écossaise.

Le paysage et la météo écossais ont joué un rôle majeur dans ses romans et sont au centre de sa poésie. Shepherd a enseigné l’anglais au Aberdeen College of Education pendant la majeure partie de sa vie professionnelle.

Elle est aujourd’hui représentée sur les billets de 5 £ d’Écosse.

Je remercie les Éditions Christian Bourgeois pour cette balade écossaise de toute beauté.

18 réflexions sur ““ La montagne vivante ”

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